« Vermiglio », une série de portraits
Maura Delpero explore la vie d’un village du Trentin, entre isolement et poids des normes sociales.
dans l’hebdo N° 1854 Acheter ce numéro

Avec Vermiglio, lauréat du Grand Prix du jury au Festival de Venise, la réalisatrice Maura Delpero dresse une série de portraits qui s’entrelacent et permettent de saisir à différentes échelles les enjeux sociaux d’une époque. Lorsque le film commence, nous sommes en 1944 dans un village du Trentin. Entouré par ses montagnes enneigées puis verdoyantes, c’est d’abord ce lieu qui est passé au crible, grâce à une série de plans fixes qui font jaillir la beauté écrasante du paysage et l’isolement des personnes qui l’habitent, l’aiment et le subissent.
À la fois touché par la guerre – des familles ont été démembrées, on accueille deux déserteurs – et détaché d’une actualité politique dont on ne maîtrise les aléas que par le biais de quelques lettres, le village se définit dans le sentiment de peur qui y rôde, peur quant à l’issue du conflit, peur de ne pouvoir manger à sa faim, peur de la mort.
Libre arbitreDans ce village, la caméra de Maura Delpero se pose alors sur une famille dont elle décortique avec
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