La Commission européenne propose un énième tour de vis sécuritaire sur l’immigration

Le pacte européen sur l’immigration et l’asile, adopté en juin 2024, ne contenait pas de volet sur les rapatriements vers les pays d’origine. Sous la pression d’une majorité de gouvernements européens, la Commission a présenté au Parlement européen une réglementation très stricte sur les « retours ».

Giovanni Simone  • 13 mars 2025 abonné·es
La Commission européenne propose un énième tour de vis sécuritaire sur l’immigration
Manifestation devant le siège de l'UE appelant à "Abolir Frontex" à Bruxelles le 3 octobre 2024, lors du 20e anniversaire de l'agence de l'UE qui surveille les des frontières européennes.
© Nicolas TUCAT / AFP

Ce mardi 11 mars, le Commissaire européen à l’immigration et aux affaires intérieures, Marius Brunner, a présenté au Parlement européen réuni en plénière à Strasbourg une proposition de réglementation sur les « retours ». Lire : les déportations de personnes exilées. La proposition avait été demandée par une majorité d’États du Conseil européen dans une lettre adressée à la Commission en octobre 2024.

Elle devra être discutée par le Parlement et par le Conseil européen avant d’être adoptée, et concerne un pan entier de la politique migratoire de l’UE : celui de l’exécution des expulsions de personnes résidant de façon irrégulière sur le sol européen. Le pacte sur l’asile et l’immigration adopté en juin 2024 ne contient pas, en effet, de normes communes sur le retour des exilés. Un manquement comblé par cette proposition, qui marque le tour de vis sécuritaire des institutions européennes en matière d’immigration.

Un système d’expulsion commun au niveau européen

La proposition prévoit de fournir un cadre légal commun aux États membres pour exécuter les expulsions. Les ordonnances de retour [en France, ordonnance de quitter le territoire français, OQTF] suivront désormais une procédure commune, une mesure qui permettrait à tout État membre d’exécuter une ordonnance prise ailleurs en Europe. Mais l’essentiel de la réforme concerne la détention.

La durée maximale de détention en vue de l’expulsion est portée à 24 mois, les appels ne suspendront plus automatiquement les décisions

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel
Portrait 13 mai 2026 abonné·es

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel

Le comédien de 51 ans raconte son parcours de vie accidenté dans un seul en scène salué par ses pairs. Son histoire est celle d’un homme qui s’est reconstruit grâce à la scène, découverte en prison à la faveur des permissions de sortie et des activités culturelles.
Par Hugo Forquès
Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »
Reportage 12 mai 2026 abonné·es

Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »

La polémique autour de l’ouverture d’un Master Poulet à Saint-Ouen, contestée par le maire Karim Bouamrane (PS), a charrié des enjeux à l’intersection entre classe sociale, racisme et géographie de territoire. Un sujet qui résonne à L’Après M, restaurant solidaire dans les quartiers nord de Marseille.
Par Zoé Cottin
Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir
Loi 12 mai 2026 abonné·es

Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir

Les parlementaires ont voté contre l’article sur lequel reposait « l’assistance médicale à mourir », une version plus restrictive du texte adopté à l’Assemblée nationale. Laquelle sera, dorénavant, seul maître à bord du texte.
Par Hugo Boursier
Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte
Parti pris 11 mai 2026

Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte

Toute la fin de la semaine, le Rassemblement national et les groupuscules d’extrême droite ont donné à voir leur réécriture dangereuse et génocidaire de l’histoire. Dans leurs villes ou dans la rue, leur haine explicite n’a fait que souligner la compromission des autorités.
Par Olivier Doubre