Festival « Convivencia », rencontre avec Shamaly, rappeur palestinien

Mis à flot en 1996, le festival Convivencia sillonne l’Occitanie avec une longue péniche pour donner à entendre des musiques d’horizons multiples au fil du voyage. Parmi les artistes de l’édition 2025 se détache Shamaly, jeune rappeur palestinien accueilli dans le cadre d’une résidence de plusieurs mois.

Jérôme Provençal  • 18 juin 2025 abonné·es
Festival « Convivencia », rencontre avec Shamaly, rappeur palestinien
Shamaly, qui a pu quitter Gaza pour l’Égypte, a appris la musique en autodidacte.
© DR

Le festival Convivencia se déroule en début d’été, sur un peu plus de trois semaines. Naviguant au rythme de 5 km/h, via principalement le canal du Midi, la péniche Tourmente effectue une quinzaine d’escales dans plusieurs départements. À chaque étape correspond une soirée musicale en accès libre, avec deux ou trois concerts ou DJ-sets sur le pont transformé en scène. Des stands de restauration s’installent sur les berges, pareilles à des guinguettes. Le tout suscite une ambiance de grande convivialité, fidèle à l’esprit animant l’association porteuse de l’événement, créée en 1990 et elle aussi nommée Convivencia – mot qui signifie « vie en commun », « vivre-ensemble » en espagnol.

« Nous défendons les musiques du monde dans toutes leurs diversités, entre tradition et modernité, souligne Cécile Héraudeau, montée à bord en 2005, directrice depuis 2012 et par ailleurs présidente du bureau de Zone franche (réseau professionnel majeur dans le champ des musiques du monde). Le festival constitue la partie la plus visible du travail mené par l’association. Nous développons beaucoup d’actions culturelles à l’année. Par exemple, quand nous programmons ou accueillons en résidence des artistes, nous proposons toujours en complément des rencontres avec divers publics – notamment des jeunes, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. »

Économie fragile

Si Convivencia jouit aujourd’hui d’une reconnaissance importante, son économie reste fragile. Le festival fonctionnant sans billetterie, les recettes sont générées seulement par les buvettes et quelques ateliers de pratique artistique. Compris entre 350 000 et 400 000 euros suivant les années, le budget provient à 80 % du financement public. Or la conjoncture en France est loin d’être favorable.

« C’est compliqué cette année, confirme Cécile Héraudeau. Nous sommes encore en attente de réponses de la part de certaines collectivités. Les réponses arrivent de plus en plus tard. Ce phénomène se généralise dans le secteur culturel et engendre de sérieuses difficultés de trésorerie. Heureusement, le festival a les reins solides. Cela dit, nous nous posons des questions pour la suite, en cherchant comment revoir notre modèle économique afin d’assurer notre avenir. »

À l’heure où cet article est écrit, le festival accuse déjà une baisse de près de 10 % des subventions allouées pour son édition 2025, les pertes se situant surtout du côté de l’État. Au niveau local, la principale défection vient du conseil départemental de l’Hérault (dirigé par le PS).

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Musique
Temps de lecture : 8 minutes