Après l’annonce du vote de confiance, la Macronie en bande désorganisée

La stratégie de François Bayrou, arc-bouté sur son plan austéritaire, fragilise le bloc central. Les manœuvres du premier ministre sont critiquées, la droite veut prendre son indépendance et les appels à une coalition par les macronistes ne sont pas entendus.

Lucas Sarafian  • 2 septembre 2025 abonné·es
Après l’annonce du vote de confiance, la Macronie en bande désorganisée
François Bayrou lors de la réunion La REF 2025 des entrepreneurs français à Paris, le 28 août 2025.
© Thibaud MORITZ / POOL / AFP

À chaque jour suffit sa peine. Depuis l’annonce le 25 août d’un vote de confiance à l’Assemblée, François Bayrou est dans une opération sauvetage. Tous azimuts. Il enchaîne les prises de parole. Partout, tout le temps. Une tentative de mobiliser l’opinion publique sur son plan d’austérité de 43,8 milliards d’euros et sur l’urgence de la dette. Ou façon de faire campagne pour l’après et sa candidature potentielle pour la présidentielle de 2027. « François Bayrou engrange une image, considère le député socialiste Laurent Baumel. Il sait que Matignon est un lieu qui crame les gens. Ça se voyait qu’il n’avait pas vraiment envie de s’investir dans des négociations budgétaires. Il préfère une autre posture, parler de “vérité”. Il prend date. »

Depuis des jours, le premier ministre fait campagne. Au lendemain de son coup de poker aux allures kamikaze, il se rend aux universités d’été de la CFDT, à Boissy-la-Rivière (Essonne). Il profite de la tribune pour proposer des aménagements sur son plan d’austérité. Un effort « spécifique » pour les hauts revenus, la suppression des niches fiscales qui profitent aux ménages aisés, un « rééquilibrage » de plusieurs aides aux entreprises, un plan de lutte contre la fraude sociale et fiscale… Une très grossière main tendue au Parti socialiste (PS).

Le lendemain, il se rend au JT de 20 heures sur TF1. Bayrou lance l’idée de dernières consultations. Mais avec une condition : « Est-ce qu’on s’accorde sur la gravité et sur l’urgence ? Est-ce que c’est vrai ce que je dis ? » Traduction : les discussions n’auront lieu uniquement si les oppositions valident le diagnostic du centriste. Pas la meilleure façon d’entamer une négociation qui vient d’ailleurs très tardivement. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait avant ? « Parce qu’ils étaient en vacances. » Première gaffe.

« Quand vous demandez la confiance, il faut essayer de la construire », critique alors Édouard Philippe dans un entretien à l’Agence France Presse. Vient ensuite la deuxième gaffe : selon Bayrou, la dette a été augmentée à cause du « confort de certains partis politiques et des boomers ». Une sortie critiquée par Laurent Wauquiez et Édouard Philippe qui juge, depuis le coup de poker du premier ministre, qu’une dissolution semble

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

À Béziers, comment Robert Ménard a fait « péter le plafond de verre » des idées d’extrême droite 
Enquête 6 mars 2026 abonné·es

À Béziers, comment Robert Ménard a fait « péter le plafond de verre » des idées d’extrême droite 

Rues débaptisées, affiches à la gloire des armes de la police… Depuis 2014, le maire sature l’espace public de messages agressifs pour diffuser l’idéologie d’extrême droite. Un combat culturel, qui s’accompagne d’un mépris de la loi et de tentatives de silenciation des voix dissonantes.
Par Pauline Migevant
Nicolas Lebourg : « Perpignan est un laboratoire social pour le Rassemblement national »
Entretien 6 mars 2026 abonné·es

Nicolas Lebourg : « Perpignan est un laboratoire social pour le Rassemblement national »

À l’approche des municipales, l’historien Nicolas Lebourg revient, avec deux confrères chercheurs, sur l’exemple de Perpignan et analyse comment Louis Aliot a tiré parti des dynamiques sociales et territoriales de la ville pour en faire un laboratoire du populisme français.
Par Juliette Heinzlef
Comment le Rassemblement national voit dans les municipales un tremplin présidentiel
Enquête 6 mars 2026

Comment le Rassemblement national voit dans les municipales un tremplin présidentiel

Un nombre de candidatures record, des troupes entièrement mobilisées, des victoires envisageables dans plusieurs départements… Marine Le Pen, Jordan Bardella et leurs troupes jouent gros dans le scrutin de 2026.
Par Alix Garcia
Le grand effacement de la Macronie aux municipales
Infographie 5 mars 2026 abonné·es

Le grand effacement de la Macronie aux municipales

Après les échecs répétés dans les urnes lors des élections européennes et législatives, le parti présidentiel Renaissance, a adopté une nouvelle stratégie : disparaître pour se fondre dans des alliances. Retour en chiffres sur cette disparition.
Par Pierre Jequier-Zalc et Basile Roth