Aux États-Unis, Donald Trump répand la peur des antifas
En septembre, le président américain a qualifié le mouvement antifasciste d’organisation terroriste. Son positionnement est une escalade de plus en plus menaçante dans la bataille menée contre les militants de gauche du pays.
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© Mathieu Lewis-Rolland / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Les manifestants de Portland ne manquent pas d’humour. En réponses aux affirmations de Donald Trump selon lesquelles la ville serait une « zone de guerre », menacée par les « antifas », abréviation d’antifascistes, quelques militants ont endossé des costumes gonflables de T-Rex, de grenouilles ou d’autres animaux. Sur les vidéos diffusées en ligne et par des médias, ils sont vus en train de danser lors des manifestations contre la police de l’immigration (ICE), contredisant les déclarations apocalyptiques du locataire de la Maison Blanche.
De nombreux rassemblements contre ces opérations menées pour arrêter les migrants ont eu lieu ces dernières semaines, à Portland (Oregon) comme à Chicago et dans sa banlieue (Illinois). Certains se sont terminés par des dispersions avec des gaz lacrymogènes.
Mais l’allure cocasse des accoutrements des militants ne doit pas cacher la réalité de l’escalade menée depuis plusieurs semaines par Donald Trump. Le président a désigné le mouvement antifasciste comme une organisation terroriste. Qualifié de « militariste » et « anarchiste », ce mouvement appellerait « explicitement au renversement du gouvernement des États-Unis », selon un décret présidentiel signé le 22 septembre.
Parmi les faits reprochés : des « efforts coordonnés pour entraver l’application des lois fédérales par des affrontements armés avec les forces de l’ordre, des émeutes organisées, des agressions violentes contre les agents de l’immigration et des douanes ainsi que d’autres membres des forces de l’ordre. »
Le mouvement antifa, à la différence des autres organisations catégorisées comme terroristes par Washington, n’appartient pas à une organisation structurée. Le terme sert la rhétorique du président contre les militants de gauche et d’extrême gauche, accusés par une partie de la droite américaine d’être responsables de l’augmentation de la violence politique dans le pays. La Maison Blanche a appuyé ses propos en citant pêle-mêle différents exemples d’attaques, même si aucune preuve ne permet de relier leurs auteurs à une même structure.
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