« Nouvelle Vague » : le cinéma réinventé

Richard Linklater reconstitue avec une vitalité surprenante le tournage hors norme d’À bout de souffle.

Christophe Kantcheff  • 7 octobre 2025 abonné·es
« Nouvelle Vague » : le cinéma réinventé
Outre procurer du plaisir au cinéphile, Richard Linklater a aussi voulu faire de son film un geste de transmission.
© Jean-Louis Fernandez

Reconstituer le tournage d’À bout de souffle ? Pour qui connaît les protagonistes, il faut quelques minutes pour s’acclimater à voir Godard, Truffaut, Belmondo, Jean Seberg et les autres sous les traits de comédiens. Mais la convention est vite acceptée, car Linklater a eu la bonne idée de ne recruter que des acteurs inconnus (tous excellents), ayant une certaine ressemblance sans pousser le mimétisme jusqu’à la caricature, ce qui permet plus facilement l’identification à leur modèle. Pour aider le spectateur dénué de points de repère, chaque nouveau personnage est présenté avec son nom.

Les débuts de Godard et le tournage d’À bout de souffle sont très documentés. Richard Linklater a puisé dans les livres pour élaborer son scénario et nourrir les dialogues. Il lui revenait avant tout de déterminer quel type de regard il voulait poser sur lui. Il montre d’abord un Godard (Guillaume Marbeck) anxieux. Celui-ci assiste à Cannes au sacre de Truffaut avec Les 400 coups, tandis que ses autres amis critiques, Chabrol, Rivette, Rohmer, ont déjà fait leurs premiers longs métrages. Pas lui. Le film saisit bien la peur qui hante tout débutant, y compris Godard, quand il s’agit de se lancer et donc de s’exposer.

Cependant, dès qu’il a le feu vert de Georges Beauregard (Bruno Dreyfürst), l’un des grands producteurs de la Nouvelle Vague, il est porté par de solides convictions, surtout sur ce qu’il ne

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Cinéma
Temps de lecture : 4 minutes