Taxe sur les holdings : Lecornu épargne les milliardaires

Lors de son discours de politique générale, Sébastien Lecornu a affirmé avoir entendu le désir, au sein de la population, d’une meilleure justice fiscale reconnaissant même une « anomalie » au sein de la fiscalité des plus fortunés. Sa réponse : une taxe sur les holdings qui ne répondra absolument pas au problème.

William Jean  et  Pierre Jequier-Zalc  • 15 octobre 2025 abonné·es
Taxe sur les holdings : Lecornu épargne les milliardaires
Pour répondre à une demande de justice fiscale, Sébastien Lecornu – ici à l'Assemblée nationale le 15 octobre aux côtés de Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) – propose une taxe qui ne résoudra rien.
© Thomas SAMSON / AFP

La copie est enfin là. Après des semaines de négociations, de retournements de situations ubuesques, Sébastien Lecornu a présenté son projet de loi de finance (PLF) en début de semaine. Un « budget de droite sociale », selon son entourage. Dans celui-ci, une mesure était particulièrement demandée par la gauche et le mouvement social : la taxe Zucman – du nom de celui qui l’a conceptualisée, l’économiste Gabriel Zucman. Celle-ci vise à instaurer un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros.

Tout au long du mois de septembre, cette mesure est venue s’installer dans le débat public et sur les banderoles des centaines de milliers de manifestants. « Taxer les riches ». Une demande qui s’appuie sur les travaux de plusieurs économistes de premier plan. Ceux-ci ont, en effet, démontré que les milliardaires, grâce à des stratégies d’optimisation fiscale, payaient, en proportion, moins d’impôts que n’importe quel contribuable lambda.

« Le taux d’imposition globale apparaît progressif jusqu’à des niveaux élevés de revenu puis devient régressif pour le sommet de la distribution : il atteint en effet 46 % pour les foyers les 0,1 % des plus riches puis descend à 26 % pour les 0,0002 % les plus riches », concluait une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) en 2023.

Derrière ce rebranding fiscal, la proposition rate (volontairement) sa cible.

Un rebranding fiscal manqué

Dans son discours de politique générale, mardi 14 octobre, Sébastien Lecornu a même reconnu le caractère injuste de cette régressivité : « La fiscalité des très grandes fortunes, parmi nos compatriotes, a pu interpeller un certain nombre d’entre vous. Là aussi, il faut reconnaître qu’il peut y avoir des anomalies ».

Du constat à la réponse, le grand écart. L’article 3 de la proposition de budget du locataire de Matignon vise à instaurer une taxe de 2 % sur les holdings pour « mettre en échec les stratégies de contournement de l’impôt par la thésaurisation de revenus non distribués ». Mais derrière ce rebranding

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Économie Politique
Temps de lecture : 6 minutes