« Allô la Place », délier sa langue
Dans son premier roman, Nassera Tamer tente de se reconnecter avec sa part marocaine en apprenant l’arabe.
dans l’hebdo N° 1888 Acheter ce numéro

© Miliana Salomé Rahouadj
Nassera Tamer a choisi pour titre de son premier roman Allô la Place. C’est le nom d’un taxiphone près de chez elle, à Paris. Nassera Tamer entretient un lien étroit avec les taxiphones (leurs enseignes publicitaires parsèment son livre). De ces lieux, on appelle partout dans le monde. Elle, c’est le Maroc, où vivent ses parents après un long exil en France. Allô la Place pourrait aussi être intitulé Allô où est ma place ?, tant sa narratrice, alter ego de l’autrice, navigue entre ses identités heurtées.
La française, qui ne lui semble pas reconnue par le pays où elle est née (elle a vu le jour et grandi au Havre), quand elle entend des responsables politiques aux accents racistes. Tandis que sa part marocaine l’aiguillonne, longtemps étouffée parce que porteuse de « désillusions » : le chômage du père, la tristesse de la mère, les difficultés tous azimuts qui font la condition des travailleurs immigrés…
Comment réparer la perte, le silence, la difficulté de communication qui s’est instaurée entre elle et ses parents ? La
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