« Laurent dans le vent », sur une bonne pente
Un jeune homme sort de dépression au gré de rencontres douces et originales.
dans l’hebdo N° 1893-1895 Acheter ce numéro

© Arizona Films / Mabel Films
Observons le titre, Laurent dans le vent. Stylistiquement, au figuré, c’est une image. Au cinéma, cela peut aussi correspondre à un plan. Exemple : celui qui ouvre le deuxième long métrage d’Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon. On y voit quelqu’un, ou plus exactement ses chaussures et le bas de son pantalon, sans doute juché sur un parapente, au-dessus des arbres. On reconnaîtra ensuite que ces chaussures appartiennent au protagoniste, Laurent (Baptiste Perusat). Mais ce sera le seul plan de ce genre – Laurent ne pratique pas cette activité aérienne.
Les cinéastes l’ont donc placé là, comme un exergue, pour suggérer qu’on va faire connaissance avec quelqu’un qui plane, n’a pas les pieds sur terre. Alors on pourrait dire : c’est aussi simple que cela. En effet, dans Laurent dans le vent, il y a une sorte d’évidence, autant dans la menée de l’intrigue que dans la mise en scène. Voilà un film « rafraîchissant », au sens où il ne s’embarrasse pas des figures obligées de scénario ou des logiques de casting, de toutes ces contraintes qui pèsent sur nombre de films français.
Laurent arrive dans une station de sports d’hiver un peu avant la saison, quand elle est encore vide. Il vient s’y reposer, prendre un bol d’air pur après des temps difficiles où il a connu l’hôpital psychiatrique et la dépression. Il est seul, sans attaches – hormis les appels téléphoniques venant de sa sœur,
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