À Minneapolis, l’ICE arrête n’importe qui, pourvu qu’il ne soit pas blanc
La ville du Minnesota est en proie aux opérations de la police fédérale de l’immigration depuis décembre. Elle y continue ses rafles, alors que des citoyens s’organisent pour empêcher les enlèvements.

© ROBERTO SCHMIDT / AFP
Walt* roule dans sa voiture. Un appel de groupe sur une messagerie cryptée est diffusé sur les haut-parleurs. Il reçoit la consigne de se rendre devant une école où a été identité un véhicule suspect. Il se gare à quelques mètres derrière, prend la plaque d’immatriculation en photo, la partage sur la conversation de groupe, puis roule jusqu’au niveau du véhicule. Il n’y a personne à l’intérieur. « Une fausse alerte », dit-il. La tension redescend. Walt et les autres personnes au bout du fil font partie de l’immense réseau d’« observateurs » qui s’est organisé à Minneapolis depuis décembre pour résister aux actions de la police de l’immigration, ICE.
Début décembre, le gouvernement américain a lancé l’opération « metro surge » dans cette ville et ses alentours, soit « la plus vaste opération de contrôle de l’immigration jamais menée », selon les mots du Département de la Sécurité intérieure. 3 000 agents ont été déployés. Officiellement, ils visent à arrêter les migrants sans titre de séjour. Mais les très nombreux témoignages depuis des semaines montrent une absence du respect des procédures légales, des droits des habitants, et de la discrimination au faciès pour procéder aux arrestations. Depuis début 2025, 32 personnes sont mortes en détention dans les prisons anti-immigration.
En réponse, les habitants se sont organisés pour tenter comme ils pouvaient afin de bloquer ces agents. Au moindre véhicule suspect, l’information est relayée dans ces groupes de messagerie cryptée. À la vue
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