Le spectre de Toussaint Louverture

Dans sa première bande dessinée, l’ancien militant tunisien Sadri Khiari relate la mort, en 1803, du leader révolutionnaire Toussaint Louverture et le « saccage méticuleux » de son corps dans une geôle à des milliers de kilomètres de Saint-Domingue, sa patrie qui s’apprêtait alors à devenir République d’Haïti.

Marius Jouanny  • 27 février 2026 abonné·es
Le spectre de Toussaint Louverture
L’auteur se focalise sur un corps profané, autopsié jusqu’à l’ouverture de son crâne et de son cœur, et s’inspire de Daumier pour caricaturer les bourreaux du révolutionnaire.
© Actes Sud BD

Il faut le voir, assis sur une vieille chaise, la tête appuyée contre la cheminée, alors qu’il vient de rendre son dernier souffle. Il n’aura pas fallu un an à Toussaint Louverture, après un hiver rude, pour mourir d’apoplexie dans sa cellule du château de Joux, près de la frontière suisse. L’extrême faiblesse que renvoie son visage inerte aux yeux clos contraste avec la grandeur du personnage historique. Esclave affranchi, il s’est investi dès 1791 dans la révolution haïtienne, accédant au grade de général avant de gouverner l’île, où l’esclavage est aboli.

Si Napoléon le fait prisonnier avant qu’Haïti ne devienne indépendante, Toussaint Louverture reste considéré comme le père de cette première nation d’esclaves émancipés de l’époque moderne. C’est sur son

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Littérature
Temps de lecture : 8 minutes