Morts dans la Manche : à Dunkerque, des familles privées de funérailles

Les proches de Jasmeet Wadhwa et Nagmeldin Adam, décédés lors d’un naufrage dans la Manche, attendent toujours de récupérer les corps, plus de cinq mois après leur décès. Face au silence des autorités, ils ont fait le choix de la mobilisation.

Maël Galisson  • 1 septembre 2026 abonné·es
Morts dans la Manche : à Dunkerque, des familles privées de funérailles
Le 31 août dernier, devant le parvis du tribunal de Dunkerque.
© Maël Galisson

Lettres blanches sur fond noir, une banderole ornée du slogan « Vos frontières, nos morts » est déployée sur le parvis du tribunal de Dunkerque (Nord) ce lundi 31 août. Derrière la bannière, six femmes, visages fermés et lunettes de soleil, écoutent attentivement les prises de paroles. Au micro, Ivnit Wadhwa termine son discours par : « Trop, c’est trop ! Nous voulons récupérer le corps de Jasmeet ! » Un homme dans la foule lance en anglais « We want justice ! » (« Nous réclamons justice ! »), que la centaine de personnes présentes reprend pendant de longues minutes.

Le 1er avril dernier, un bateau pneumatique, qui s’apprêtait à traverser la Manche et dans lequel avait embarqué un groupe d’exilés, se trouve en difficulté au large de Gravelines (Nord). Malgré l’intervention des secours, deux hommes meurent : Jasmeet Wadhwa, Afghan de 32 ans, et Nagmeldin Adam, Soudanais de 33 ans. La mère de Jasmeet, Harbans Kaur Wadhwa, était présente et a assisté, impuissante, au décès de son fils. En état de choc, elle a été hospitalisée à Dunkerque dans les heures qui ont suivi le naufrage.

À la douleur de la perte brutale d’un proche s’est ajoutée, pour les familles des deux victimes, l’angoisse de la procédure d’identification des corps retrouvés, nécessaire pour garantir l’identité du défunt. Dans les deux cas, ces démarches n’ont jusqu’à aujourd’hui toujours pas abouti. « Cela va faire cinq mois que Jasmeet est mort. Toute sa famille attend toujours qu’il soit formellement identifié, que son corps soit libéré pour qu’il puisse enfin reposer en paix », déplore Ivnit, cousin de la victime.

Accompagné d’autres membres de la famille et de plusieurs dizaines de membres de la communauté Sikh venus spécialement du Royaume-Uni, de Belgique et des Pays-Bas, le jeune trentenaire, pharmacien à Londres, tenait à être présent à ce rassemblement : « Nous souhaitons faire pression sur les autorités locales afin que cette situation trouve une issue : notre famille a besoin de faire son deuil et de pouvoir dire un dernier au revoir à Jasmeet. »

Une procédure longue et incompréhensible

Les proches de l’exilé afghan sont plongés depuis des mois dans l’incompréhension. « Dans les 4 ou 5 jours qui ont suivi la mort de Jasmeet, nous avons fourni des documents permettant de confirmer son identité, explique Ivnit. Normalement, les autorités françaises ont

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