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Publié le 29 mars 2015

Défense de l'abstention (3)…

…et des abstentionnistes

Allez, on va conclure, avant que les bureaux ne s'ouvrent.

Il y a donc peu de chances, les institutions étant ce qu'elles sont, que pour la présidentielle de 2017 on nous propose un candidat unique dit "de la gauche" 1 soutenu par l'ensemble des tribus et chefs de tente des mouvances dites "radicales" ou "extrêmes".

Le même émiettement se produira sans doute dans ce qu'on appelle "la droite", et pour les mêmes raisons, même si Sarkozy devrait l'emporter en primaires sur ses rivaux du futur parti "républicain" 2 Juppé et Fillon notamment.

Le Front national, lui, faisant bloc derrière sa présidente, la présence de Marine Le Pen au deuxième tour est une certitude. Il est même possible qu'elle arrive en tête au premier…

Sauf heureuse surprise, un candidat alternatif a peu de chances de jouer en finale.

Et en tout état de cause, le premier parti de France restera, de loin, celui des abstentionnistes (+ blancs et nuls).

Le bilan du sortant étant toujours aussi nul, son inféodation aux puissances d'argent, aux gnomes de Bruxelles et au patron de Washington toujours aussi évidentes, je ne pense pas un instant qu'il puisse finir deuxième, la perspective la plus probable à ce jour nous mène donc tout droit à une situation pire que 2002 : un second tour Sarko-Marine.

Et nous serons sommés de voter Sarkozy, comme nous l'avons été de plébisciter Chirac quinze ans plutôt : le grand air du "front républicain", tous-unis-contre-le-fascisme-qui-vient, le ventre encore fécond, toussa, quoi.

La campagne qui s'achève, dans un brouillard épais quant aux enjeux, aura été l'occasion pour un Premier ministre qui "n'a pas le temps de s'occuper du chômage" de se faire la main dans l'invective pour la suite de sa carrière.

Il a sonné la charge sans débander, le regard sur la ligne bleu marine de Montretout, dans un mélange de "no pasaran" et de ligne Maginot.

Bien.

Pour le premier tour, ça a marché très moyen, malgré les tripatouillages du ministère de l'Intérieur et la complaisance des médias à s'en faire les relais.

L'assaut a redoublé entre deux dimanches de "votation" 3, tous les chœurs constitués participant au concert (jusqu'à Charlie-Hebdo, affligeant de conformisme) et quelques divas jusque-là mieux inspirées, comme Christiane Taubira, mobilisant Aragon et "ses blés sous la grêle" pour mieux nous fustiger : haro sur l'abstention et les abstentionnistes.

Si ça vous a impressionné, et convaincu, tant mieux pour vous.

Quant à moi, je refuse ce petit jeu qui n'a que trop duré et qui fait des électeurs de gauche (la vraie) le régiment supplétif de la caserne centrale de la rue Solférino.

Autrement dit: venant de vous (c'est à dire nous, vous suivez ?) rien à écouter, rien à entendre, rien à cirer en temps normal ; mais dès que ça chauffe un peu trop, vous êtes priés de vous présenter en bons petits soldats avec votre paquetage.

Si ça plaît à Pïerre Laurent, à Mmes Autain, Duflot, Cosse et à quelques autres, sans parler des si bruyants "frondeurs" de la garnison, grand bien leur fasse.

Pour ma part, et au côté des sans dents, des sans logis, des sans emploi, des sans rien ou si peu, tous ceux qui ne votent pas parce que trop occupés à tenter de survivre et rejoignant ceux qui ne votent pas par principe, je suggère une seule réponse.

Celle de Cambronne à Waterloo.

Bon dimanche.


  1. Hollande, en principe, puisque Valls a déclaré passer son tour; évidemment, ça peut encore changer… 

  2. Le militant UMP étant quand même assez con, vous l'aurez sûrement noté… 

  3. Comme on dit chez nos voisins suisses (sont fous ces Helvètes, n'arrêtent pas de référender…) 


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