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Publié le 22 juillet 2015

Climat: les mauvaises "consciences" en prière à Paris pour la messe du Président

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Les diplomates ayant épuisé depuis des années, les joies et les perversités de la torsion de paragraphes, de virgules et de parenthèses pour faire semblant de se préoccuper des dérèglements climatiques, voici venu le temps des « consciences » et de la prière publique. On donc été convoqués cette semaine à Paris au chevet de la planète malade, les divers charlatans de toutes les religions. Non pas, comme les esprits chagrins pourraient le penser en constatant l’état des lieux, pour lui administrer l’extrême-onction, mais pour répéter les mêmes incantations et promesses que les politiques psalmodient depuis des années. Avec le concours de quelques pseudo-philosophes, de gloires défraichies de la politique nationale et internationale rameutés pour faire un peu de mousse médiatique. Avec aussi quelques personnalités respectables qui font figure de brebis égarées dans cette grand messe de l’incantation. De quoi, en quelques discours convenus, ranimer la flamme vacillante des bonnes paroles en attendant le mois de décembre ; pour une conférence qui verra une fois de plus s’affronter les égoïsmes nationaux et les groupes de pression économiques et industriel dans un nouvel effort pour retarder les décisions contraignantes qui doivent être prises.

Evidemment, avec le concours des religions, il est toujours possible d’espérer un miracle ou des conversions spectaculaires. De quoi nous faire oublier qu’en France, mais aussi dans ne nombreux pays, le mois de juin aura été le plus chaud depuis que les relevés météo existent, que les banquises fondent, que des iles disparaissent et que les déserts s’étendent tandis que circulent les réfugiés du climat. De quoi nous faire oublier également qu’il n’est plus du tout question d’éviter ou de freiner le réchauffement global de la planète à 2°, mais de ne pas dépasser ce chiffre et de nous « adapter ». Evidemment les « consciences » ne vont pas en plus nous expliquer ce qu’ils savent et ce que les scientifiques répètent depuis des mois : la simple poursuite de la gestion actuelle de la planète, va probablement porter la montée du thermomètre mondial à +4°. Face à cette perspective, une partie de la presse et des politiques égrènent les solutions d’un grand et dérisoire bricolage du climat ; alors qu’il est impératif, n’en déplaise aux « consciences » convoquées pour déposer leurs discours sur l’énorme tas qui encombre déjà les archives des 20 conférences passées, de changer de société et donc de cesser de bricoler des initiatives aussi futiles que provisoires. Le Concours Lépine des solutions médiatiques bat son plein, histoire d’attirer l’attention de la population et des élus sur les « vertus » des gadgets proposés par des associations et des « entrepreneurs » qui ne cherchent qu’à faire parler d’eux. La conférence climat et sa préparation est aussi une occasion de faire parler de soi.

Il n’aura manqué à cette mémorable journée inaugurée par le président Hollande et Albert de Monaco (l’écologiste du Rocher urbanisé), outre le pape qui pense refroidir la planète avec une encyclique, que des griots africains et quelques chamans indiens ou sibériens pour implorer le ciel de faire tomber la pluie. Celle qui manque actuellement en Californie, le pays de son ex-gouverneur Arnold Schwarzenegger, qui devait venir jouer l’écolo pour clore cette journée de vœux pieux mais qui a préféré au dernier moment faire la promotion de son dernier film.

Ite missa est et les affaires continuent. En attendant le requiem de la planète.


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