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Publié le 29 septembre 2015
Assemblée générale de l'ONU : Vladimir Poutine reprend la main

Assemblée générale de l'ONU : Vladimir Poutine reprend la main

Dans un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU, Vladimir Poutine vient de confirmer le retour de la Russie sur le devant d'une scène internationale particulièrement chaotique.

Illustration - Assemblée générale de l'ONU : Vladimir Poutine reprend la main

Le président russe commença sa déclaration sur le ton de l'offensive par une pique vacharde lancée à ses opposants du camp occidental :

« Je rappellerai que c'est dans mon pays en Crimée à Yalta que se sont réunis les dirigeants de la coalition anti-hitlérienne pour décider de la création de l'ONU et décider des principes régissant les relations entre les États. »

« Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? »

Et Vladimir Poutine de fustiger ceux qui aujourd'hui -- suivez mon regard vers l'ouest -- se croient permis d'outrepasser les mandats de l'ONU pour mener à leur guise leurs opérations guerrières ou décider de sanctions contre ceux qui les empêchent de dominer en rond.

« Nous savons tous qu’à la fin de la Guerre froide, il n’y a plus eu qu’un centre de domination. Ceux qui se trouvaient au sommet ont pensé qu’il ne fallait plus tenir compte de l’ONU, que l’organisation ne mettait que des bâtons dans les roues. »

Regardez les pays d'Afrique et du Proche-Orient, poursuit Vladimir Poutine, les interventions extérieures intempestives des puissances dominantes y ont semé la désolation, détruit les infrastructures, ouvert des boulevards à des forces ténébreuses rapidement incontrôlables comme l'État islamique. « Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? » conclut-t-il à l'adresse des dirigeants occidentaux.

« À vouloir jouer avec le terrorisme, il ne faut pas oublier que cette menace peut se propager à d’autres régions de la planète. Nous ne devons pas permettre à ces gens qui ont senti l’odeur du sang de revenir dans leurs pays d’origine et d’y poursuivre leur sale boulot. Personne ne le veut, nous non plus, nous pensons que c’est une erreur de refuser de soutenir les autorités syriennes qui se battent : seuls Assad et les Kurdes se battent réellement contre le terrorisme . »

Sous l'égide de l'ONU, pas celle de l'Otan

Vladimir Poutine passera ensuite en revue la question des réfugiés (« pour résoudre leur problème, nous devons restaurer l’État là où il a été détruit »), de l'Ukraine (où il faut « tenir compte des droits des populations du Donbass ») et même des problèmes climatiques avec un engagement de taille :

« D’ici 2030, nous nous engageons à diminuer les émissions de gaz à effet de serre à 77 %. »

Mais tous ces problèmes, insiste Vladimir Poutine, ne peuvent se régler que sous l'égide de l'ONU, pas sous les directives et les sanctions de l'Otan.

Faut-il après cela évoquer l'interminable discours inaugural d'un Barack Obama manifestement gêné aux entournures par les initiatives du président russe, ne parvenant guère à dissimuler que celles-ci ne laissent plus insensibles son propre entourage, à commencer par son secrétaire d’État John Kerry (pour qui le départ d'Assad n'est désormais plus prioritaire, mais « négociable » dans le temps) ou son alliée, la chancelière allemande Angela Merkel (« Il faut parler avec de nombreux acteurs, et cela implique Assad »). Et finissant même, à propos du bourbier syrien, par admettre lui-même ce que l'on ne croyait plus possible :

« Les États-Unis sont prêts à travailler avec tous les pays, y compris la Russie et l'Iran, pour résoudre le conflit. »

On passera rapidement sur l'intervention calamiteuse d'un François Hollande complètement dépassé, ressassant à l'encontre du « bourreau » Assad les mêmes imprécations réchauffées servies jadis contre Saddam Hussein ou Kadhafi avec les résultats désastreux que l'on sait.

Applaudi à tout rompre par les représentants des "petits" pays de l'ONU, fort du soutien des pays émergents et surtout de l'appui de plus en plus actif de la Chine, Vladimir Poutine se chargea lui-même d'opposer une très sèche fin de non-recevoir aux velléités justicières de ses homologues français et américain à l'issue d'une conversation à huis-clos avec ce dernier :

« C'est au peuple syrien de décider du sort de Bachar El-Assad, pas à Barack Obama ou à François Hollande. »


Le discours de Vladimir Poutine devant l'Assemblée générale de l'ONU

 


Photo : AFP

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