Prendre la mesure de la diversité

Le débat sur les statistiques ethniques divise les partisans d’une égalité républicaine de principe et ceux qui réclament des outils pour défendre une égalité effective entre les citoyens.

Ingrid Merckx  • 29 mars 2007 abonné·es

Si l'on s'en tient aux statistiques, il n'y a pas en France de Noirs, d'Arabes ou d'Asiatiques... Uniquement des citoyens égaux dans une République indivisible qui les reconnaît tous, sans distinction « d'origine, de race ou de religion ». Cette belle idée a fait son temps. L'égalité décrétée ne parvient pas à protéger certains citoyens de discriminations liées à leurs origines, notamment en ce qui concerne l'embauche et l'accès au logement. Mais comment les mettre en évidence ? La Loi informatique et liberté de 1978, remaniée en 2004, pose le principe général de l'interdiction de la « collecte de données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques » . Exceptionnellement, l'appareil législatif permet de renseigner sur le pays de naissance et la nationalité des parents. Qu'en est-il au-delà de deux générations ? Tant qu'il n'y a pas reconnaissance de l'origine, il ne peut y avoir reconnaissance de discriminations liées à cette origine. À minorités invisibles, souffrances invisibles. Pour mettre en place des politiques de lutte contre les discriminations, il faut pouvoir les mesurer. C'est la raison pour laquelle des chercheurs, des associations et des politiques prennent actuellement position en faveur des statistiques

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Société
Temps de lecture : 6 minutes

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