En guerre contre l’agent Orange

Les victimes de ce terrible défoliant utilisé par l’armée étasunienne lors de la guerre du Vietnam, responsable d’une catastrophe sanitaire et environnementale, seront le 18 juin devant la Cour d’appel de New York.

Patrick Piro  • 14 juin 2007 abonné·es

Ceci est une audience historique, semblant surgir d'un mauvais cauchemar : le 18 juin, à 10 heures, la Cour d'appel de l'État de New York aura à juger des plaintes déposées par les victimes du sinistre « agent Orange ». Parmi elles, des Vietnamiens, mais aussi des vétérans étasuniens de la guerre du Vietnam, exposés aux ravages de ce défoliant utilisé comme arme chimique de destruction massive.

Un avion C-123 de l’US Air Force déverse de l’agent Orange sur la jungle du Vietnam, le 3 mars 1967. AFP

L'armée étasunienne a déversé l'agent Orange par voie aérienne durant dix ans, entre 1961 et 1971, sur les forêts et les champs vietnamiens, afin de détruire le couvert végétal où l'ennemi se camouflait, et de raser ses récoltes pour le priver de vivres. Une étude publiée en 2003 aux États-Unis estime à 77 millions de litres le volume déversé. Les zones traitées ­ jusqu'à 10 fois chacune ­ couvrent un dixième du territoire. Un cinquième des forêts sud-vietnamiennes aurait ainsi été détruit, et entre 2,1 et 4,8 millions de Vietnamiens auraient directement été atteints. Sans compter les populations voisines, les militaires et les civils étasuniens et leurs alliés.

L'agent Orange contient de la dioxine, poison extrêmement violent. Les limites internationales d'exposition quotidienne sont de l'ordre du millionième de millionième de gramme. En dix années de guerre chimique, cet agent a libéré environ 400 kilogrammes de dioxine dans la nature vietnamienne. Et il ne s'agissait que du début de l'une des plus importantes

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

La paysannerie mondiale résiste encore
Reportage 20 avril 2026 abonné·es

La paysannerie mondiale résiste encore

Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Portrait 17 avril 2026 abonné·es

En Suisse, avec le berger qui défend les loups

Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas
Inondations : réparer ou prévenir ?
Parti pris 25 février 2026

Inondations : réparer ou prévenir ?

Alors que l’extrême droite impose ses thèmes dans le débat public, des inondations historiques frappent la France dans une indifférence inquiétante. Ces catastrophes, loin d’être de simples aléas, révèlent nos choix politiques, nos renoncements et l’urgence de changer de modèle.
Par Pierre Jacquemain