« Se réapproprier sa propre fiction »

Avant Second Life, le jeu « les Sims », créé en 1999, proposait
un monde parallèle où la plus grande liberté cohabitait
avec une codification rigoureuse. L’écrivain Chloé Delaume en a tiré le matériau d’une expérience littéraire, « Corpus Simsi ».

Ingrid Merckx  • 26 juillet 2007 abonné·es

Pour « Corpus Simsi », variation sur la notion d'autofiction, vous vous êtes créé un avatar. Quel était votre objectif en tant qu'écrivain ?

Chloé Delaume : Nous sommes englobés dans une série de fictions collectives, politiques, sociales, familiales... Mon obsession, c'est : comment peut-on se réapproprier sa propre fiction ? Or, « les Sims » sont un générateur de fiction : le joueur doit créer un personnage avec des caractéristiques précises. Ce jeu me paraissait donc représenter une tentative assez poétique de réappropriation. J'ai commencé par me livrer à des performances avec des saynètes Sims racontant les aventures de mon avatar Chloé Delaume. Puis j'ai

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Société
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