« Je sais que c’est possible » : à Tours, le maire écolo Emmanuel Denis érige l’union en modèle

Élu de cette « vague verte » il y a six ans et précurseur de l’union de la gauche, le maire de Tours défend l’utilité de l’écologie politique. Et plaide fermement pour la nécessité du rassemblement.

Lucas Sarafian  • 16 mars 2026 abonné·es
« Je sais que c’est possible » : à Tours, le maire écolo Emmanuel Denis érige l’union en modèle
Emmanuel Denis, maire de Tours et candidat à sa propre réélection, à Tours, le 24 janvier 2026.
© ROMAIN PERROCHEAU / AFP

Pour suivre Emmanuel Denis, il faut obligatoirement chevaucher un vélo. Le maire écolo ne semble pas vouloir traverser la ville sans son bolide électrique. Et ce 15 mars, ce jour de premier tour de ces municipales, l’édile a une mission : sillonner tous les bureaux de vote dans sa préfecture d’Indre-et-Loire. L’opération est courante pour un maire. Il s’agit de s’assurer qu’il n’y aucun incident et de jauger la participation dans sa cité. Officieusement, la manœuvre permet aussi de sentir le terrain.

Les quartiers qui lui sont plutôt favorables se sont-ils mobilisés ? Emmanuel Denis n’hésite pas à jeter un coup d'œil dans les poubelles de certains bureaux de vote. Y déceler un tract aux lettres vertes, celui de sa liste, ne serait pas bon signe… Mais en cette journée ensoleillée, il semble plutôt serein. Au moins en apparence.

Après le quartier du Sanitas, le plus important des huit quartiers prioritaires de la ville, il traverse la passerelle au-dessus des voies ferrées pour se diriger vers l’école élémentaire du Velpeau, au cœur d’une zone historiquement plus favorable à la gauche. La participation est haute. À la sortie de l’école, Emmanuel Denis se fait arrêter. « J’espère que vous allez gagner », lui lance la passante. Le maire sourit. Lui aussi l’espère. Il confie : « Pour gagner, il faut être devant partout. » Pas le temps de traîner. L‘équipe prend la direction du gymnase Colbert, dans le Vieux Tours.

Obsession d'un autre temps

Dans le bureau de l’un de ses collaborateurs de l’hôtel de ville, Emmanuel Denis refait le film de son mandat. Un café à la main, il défend la nécessité de l’écologie politique. La défense des pistes cyclables, des lignes de tramway, des rénovations, du quotient familial pour les cantines scolaires, d’un centre de santé… À l’heure où les lignes de trains sont abandonnées, le maire, 54 ans, ingénieur chez STMicroelectronics dans le civil, se dit fier d’avoir rouvert la gare de Fondettes, fermée depuis trente ans.

Quelques heures avant les résultats du premier tour, il imagine ce que pourrait être son second mandat. La création d’un parc naturel sur les bords de la Loire, le développement des surfaces

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Corse : journée des dupes à l’Assemblée
Parti pris 26 juin 2026

Corse : journée des dupes à l’Assemblée

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République. Il s’agissait, nous dit-on, de trancher sur une seule question : autonomie ou pas autonome ? Cette manière de présenter le problème est un leurre.
Par Roger Martelli
« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir
Analyse 23 juin 2026 abonné·es

« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir

Pour sortir de la crise, Sébastien Lecornu compte bien se nourrir d’une loi intégrale portée, depuis des mois, par plusieurs associations féministes, puis par une coalition transpartisane. Récupération ou prise de conscience ? Ses défenseurs veulent que le gouvernement passe des paroles aux actes.
Par Lucas Sarafian
« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »
Entretien 16 juin 2026 abonné·es

« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »

L’engagement de certains candidats sur les crises internationales peut-il devenir un atout électoral en 2027 ? Chercheur en science politique, Élie Michel décrypte les limites du poids de l’international dans la présidentielle à venir.
Par William Jean
La résilience, boussole pour le monde à venir
Inégalités 12 juin 2026 abonné·es

La résilience, boussole pour le monde à venir

Alors que les crises sociales, démocratiques et écologiques nourrissent partout le sentiment d’impuissance, des résistances citoyennes dessinent d’autres possibles. Cécile Duflot plaide pour faire de la résilience collective une force politique capable de combattre les inégalités, défendre l’État de droit et redonner espoir face aux replis nationalistes et aux logiques de renoncement.
Par Cécile Duflot