Le rêve américain

Bernard Langlois  • 30 octobre 2008 abonné·es

On saura donc sous peu si les citoyens des États-Unis d’Amérique ont préféré le fringant coursier noir à la vieille rosse fourbue – soit : l’âne démocrate à l’éléphant républicain, Barack Obama à John McCain. À huit jours du scrutin, l’avance dans les sondages du premier sur le second est telle que le résultat semble ne plus faire de doute. Sauf que.

Sauf qu’on est en Amérique, justement, aux États-Unis d’Amérique. Et que cet immense pays aux cinquante États fédérés, ce colosse dont la crise révèle les pieds d’argile, cette société américaine qu’on observe à la fois à la pointe de la modernité et croupissant dans les bas-fonds d’un archaïsme pitoyable, ce symbole du matérialisme triomphant enrobé de la religiosité la plus poisseuse, cet État qui se veut laïque mais n’arrête pas de jurer sur la Bible, rend la justice à l’ombre des crucifix [^2] et imprime le nom de Dieu sur ses billets verts ; ce pays aux bras grands ouverts, qui se voulait (et fut) terre d’accueil pour tous les damnés de la Terre, qui aujourd’hui se referme comme une huître et clôt de murs ses frontières terrestres (enfin, surtout celles du Sud, d’où montent les pouilleux…) ; qui a placé sa ville phare, son orgueilleuse cité aux mille gratte-ciels sous la protection d’une statue de la Liberté censée « éclairer le monde » , mais qui bat aujourd’hui tous les records en matière de répression : prisonniers de droit commun et politiques, condamnations à mort, tortures (souvent sous-traitées), violation des libertés individuelles, espionnage et quadrillage policier sans égal ; ce pays, qui se veut la tête de file des démocraties quand il n’est

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Edito Bernard Langlois
Temps de lecture : 10 minutes