Dossier : La tribu des supporters

La grande tribu des supporters

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Question de chiffres. Vingt-deux joueurs sur le terrain. Un arbitre. Deux assistants et deux bancs de touche. Un ballon. 50 000 à 70 000 spectateurs dans les gradins. Entre 6 et 8 millions de téléspectateurs les yeux rivés sur le petit écran. Autant de supporters. Cette mi-novembre, veille de matchs
de barrages qualificatifs pour la prochaine Coupe du monde
de football (en Afrique du Sud), opposant l’Irlande du Nord
à la France, remet le supporter sur le devant de la scène.

C’est au football qu’il vient en masse. Considérable aussi au rugby, au basket, à chanter, encourager, vociférer, exulter ou pleurer, maquillé, doté de colifichets, de fanions, de banderoles, de maillots. Affaire d’engouement où le but a valeur d’orgasme, où la violence et la bêtise sont coutumières mais restent minoritaires, plus encore dans le cyclisme, cet autre sport popu étirant les foules par millions sur le bord des routes.
Si la notion de supporter paraît floue, renvoie aux classes populaires, parfois s’inscrit dans une histoire personnelle,
la nature du supporter a changé ces vingt dernières années, basculé avec son temps. Prédominance des médias, horaires
des matchs déplacés en soirée pour des raisons de droits de retransmission télé, billetteries et transferts prohibitifs, produits dérivés, ère de communication. Restent l’idée d’appartenance, les manifestations identitaires, aussi pauvres soient-elles. Surtout, la grande kermesse révèle des désirs de collectif devant un objet qui mobilise. Dans le délitement et la désillusion
du politique, la fin des filiations et des grands mouvements, comme l’observe François Cusset, historien des idées,
les supporters aujourd’hui sont presque « les seuls à occuper
le terrain ».
Et ils seront encore nombreux le 18 novembre si
la France se qualifie pour le prochain mondial.


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