De la science à l’idéologie

Tout au long de sa carrière, Claude Allègre a tenté d’imposer ses vues. Par la force, la manipulation, mais aussi la tromperie, comme le confirme son dernier ouvrage à charge contre les climatologues.

Patrick Piro  • 20 mai 2010 abonné·es

C’était en décembre, ouverture du sommet sur le climat de Copenhague. Claude Allègre est reçu par France Info : une pure éructation sans queue ni tête, contre les climatologues, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), les écologistes. Le réchauffement ? Un effet de mode ; le nucléaire est la bonne solution, les Verts ­veulent nous vendre la décroissance, etc. Derrière le bulldozer bourrant le micro de mots bruts, émerge la silhouette un peu pathétique d’un ex-brillant scientifique, ancien ministre, politique qui fut de quelque influence. Les médias, dernière scène peut-être où il peut encore faire des étincelles : c’est un « bon client », un interviewé qui ne mâche pas ses mots, met les pieds dans le plat. Et tant mieux s’il y a surcroît de provocations et d’énormités.

Entretenue depuis des mois, cette notoriété a explosé avec la sortie, mi-février, de l’Imposture climatique (Plon), grâce aux remous qui ont accompagné ce livre et la ruée des animateurs télévisuels sur l’auteur. Les ventes se dirigent « allègrement » vers le cap des 200 000 exemplaires. Claude Allègre est devenu un vrai « pipole ». Il fut indéniablement un scientifique de renom, de ceux dont la France sensible aux honneurs aime à s’enorgueillir à l’étranger – où le nom d’Allègre est notoire. Géochimiste et physicien, il a

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Publié dans le dossier
Allègre attaque Politis
Temps de lecture : 8 minutes