« La science est socialement située »

Quelle est la fonction du doute en science ? Tour d’horizon d’une pratique ancrée dans la société avec Dominique Pestre, historien des sciences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Noëlle Guillon  • 18 novembre 2010 abonné·es

Politis : La science « pure » se présente comme l’équilibre entre dogmatisme et relativisme exagéré, et subordonne le progrès à l’exercice du doute. Quelle est la place du doute dans la pratique effective de la science ?

Dominique Pestre : Le doute fait partie du discours habituel que les scientifiques tiennent sur eux-mêmes. Il s’agit de l’énoncé d’une norme positive extrêmement importante. Pour autant, son application en pratique est plus problématique. La science est une pratique collective, les collaborateurs, sur certains sujets, peuvent être des milliers. Personne ne peut ­remettre en question tout ce qu’il lit et vérifier tous les arguments. L’activité fondamentale est alors le choix d’accorder sa confiance ou sa défiance à tel énoncé ou tel collègue. La remise en cause systématique, la

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Temps de lecture : 5 minutes