Aucune indulgence pour les migrants malades ?

Le droit de séjour pour raisons médicales subit une nouvelle attaque de la droite. Les amendements écartés par le Sénat en janvier ont refait surface, ce 17 février, à l’Assemblée nationale.

Erwan Manac'h  • 17 février 2011
Partager :
Aucune indulgence pour les migrants malades ?
© Photo : SAKIS MITROLIDIS / AFP

Le projet de loi « Immigration, intégration et nationalité », voté par le Sénat, est passé ce mercredi devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, avant d’y être discuté en deuxième lecture [[Il prévoit de transposer dans le droit français trois directives européennes dont la Directive Retour (la « directive de la honte ») :
interdiction de retour des migrants expulsés sur le territoire français, allongement de la durée de rétention administrative, mise à l’écart du juge et réduction des droits des étrangers
(source : Cimade)]] . À cette occasion, le gouvernement a réintégré dans le texte deux amendements qui remettent en cause l’octroi de titres de séjours aux migrants malades. (lire l’article de Politis n°1139 du 10 février).

Ces restrictions avaient pourtant été supprimées, en janvier, par la commission des lois du Sénat, chargée d’examiner la validité des amendements. Elle les avait alors jugées contraires à la déontologie médicale et aux impératifs de santé publique.

Depuis le début de l’examen de cette loi, les associations de défense des migrants et des malades tentent de faire entendre leur indignation (Act-up, le Comité médical pour les exilés, Aides, Médecins du Monde, la Cimade), ainsi que plusieurs « sociétés savantes », fédérations et syndicats de médecins.

« Cette décision montre surtout la volonté politique du gouvernement de s’attaquer aux migrants malades , estime Christiant Andreao, directeur des actions d’Aides (une association de lutte contre le Sida), contacté par Politis.fr . Ce sont des mesures hautement symboliques qui sont extrêmement cohérente avec la politique que nous subissons actuellement, dans la lignée du discours de Grenoble (le 30 juillet 2010). »

La petite communauté associative et scientifique mobilisée contre ce texte va donc tenter de faire un peu « d’agitation » autour des discussions en deuxième lecture de cette loi.

Les prochains débats, et le vote, sont prévus les 8 et 9 mars prochains.

Société
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel
Portrait 13 mai 2026 abonné·es

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel

Le comédien de 51 ans raconte son parcours de vie accidenté dans un seul en scène salué par ses pairs. Son histoire est celle d’un homme qui s’est reconstruit grâce à la scène, découverte en prison à la faveur des permissions de sortie et des activités culturelles.
Par Hugo Forquès
Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »
Reportage 12 mai 2026 abonné·es

Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »

La polémique autour de l’ouverture d’un Master Poulet à Saint-Ouen, contestée par le maire Karim Bouamrane (PS), a charrié des enjeux à l’intersection entre classe sociale, racisme et géographie de territoire. Un sujet qui résonne à L’Après M, restaurant solidaire dans les quartiers nord de Marseille.
Par Zoé Cottin
Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir
Loi 12 mai 2026 abonné·es

Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir

Les parlementaires ont voté contre l’article sur lequel reposait « l’assistance médicale à mourir », une version plus restrictive du texte adopté à l’Assemblée nationale. Laquelle sera, dorénavant, seul maître à bord du texte.
Par Hugo Boursier
Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte
Parti pris 11 mai 2026

Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte

Toute la fin de la semaine, le Rassemblement national et les groupuscules d’extrême droite ont donné à voir leur réécriture dangereuse et génocidaire de l’histoire. Dans leurs villes ou dans la rue, leur haine explicite n’a fait que souligner la compromission des autorités.
Par Olivier Doubre