PSA : mensonges d’État

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«Il n’y aura pas de plan social en France chez PSA» , a martelé Nicolas Sarkozy. Mais alors, comment qualifier la suppression de 5 000 postes chez PSA Peugeot Citroën en France, annoncée le 15 novembre ? 1 900 CDI supprimés et plus de 3 100 intérimaires et prestataires extérieurs qui arrêteront leur collaboration…

Si les syndicats estiment avoir remporté la bataille des chiffres, la bataille des mots, elle, continue. Il n’y aura « aucun licenciement, ni aucun plan de départ volontaire » , a martelé sur RTL le ministre de l’Industrie, Éric Besson. Mot pour mot le langage de Philippe Varin, le PDG d’un groupe, qui pousse par ailleurs ses salariés dans des « cellules de mobilité ».

Jean-Pierre Mercier, délégué CGT à l’usine d’Aulnay-Sous-Bois (93), n’est pas dupe : « Sarkozy a juré que les salariés pourraient être reclassés “à l’extérieur”, ce qui prouve bien qu’ils vont partir. Quant aux intérimaires et prestataires qui se retrouveront à Pôle emploi, leur sort n’est même pas évoqué ! »

Depuis qu’en juin dernier un document confidentiel de la direction a fuité, évoquant la fermeture des sites d’Aulnay-sous-Bois, de Sevelnord (Nord) et de Madrid, chez PSA, on ne croit plus aux promesses. « Dans les usines Peugeot, dit Jean-Pierre Mercier, tout le monde se souvient de Gandrange » , quand le candidat Nicolas Sarkozy avait promis de sauver l’aciérie détenue par Arcelor-Mittal, fermée un an plus tard. Entre les départs en retraite et l’externalisation des activités, 20 000 postes ont disparu à PSA France depuis 2004. En silence.
« Il y a une complicité évidente entre la direction du groupe et un gouvernement en campagne qui a donné des millions d’euros de subventions à PSA : ni l’un ni l’autre n’ont intérêt à appeler un chat un chat ! » , tempête Jean-Pierre Mercier. Une négation de la réalité au plus haut niveau de l’État qui laissera des traces indélébiles.


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