« Occupy la défense » expulsé, sale temps pour les « Indignés »

Après 6 semaines d’occupation au pied des marches de l’arche de la Défense, près de Paris, les « Indignés » ont été expulsés tôt vendredi 16 décembre.

Mickaël Guiho  • 16 décembre 2011
Partager :
« Occupy la défense » expulsé, sale temps pour les « Indignés »
© Photo : AFP / Nicolas MESSYASZ / citizenside.com

Vingt « Indignés » étaient retenus en garde à vue, vendredi soir, au Commissariat de Nanterre. Ils ont été interpellés dans la matinée, après une tentative d’occupation de la Maison de l’architecture de Nanterre. Tout près de là, entre 6h30 et 8h00, les forces de l’ordre étaient déjà intervenues, dégainant les flashballs, pour évacuer le campement de la Défense. Dix manifestants se trouvaient alors sur l’esplanade de la Grande Arche, vingt autres dans les sous-sols, devant une sortie de secours de la galerie commerciale des Quatre Temps. Ils auraient tous été reconduits à Paris en RER.

Selon la Préfecture, cette action des forces de l’ordre répondait à plusieurs tentatives de pénétration et d’occupation des bâtiments du centre commercial, et s’avérait d’autant plus nécessaire que la zone était visée par une alerte de vigilance orange lancée par Météo France, la tempête « Joachim » balayant alors la France.

La Défense après évacuation, vendredi 16 décembre. - Photo @Meriadeck

Dans l’après-midi, des militants se sont rassemblés sur le square du 19 mars 1962 à Nanterre, pour dire leur colère contre cette nouvelle arrestation et soutenir leurs camarades.

Le mouvement Occupy se poursuit en France, même s’il n’a jamais réussi à lever une mobilisation comparable aux indignés espagnols ou à « Occupy Wall Street ». Si « Joaquim » a aussi forcé les campeurs nantais à ranger leurs tentes, les Montpelliérains manifestaient cet après-midi encore, et le centre d’affaires parisien, bien que désormais encombré par son marché de Noël, devrait très bientôt être réinvesti, comme il l’est depuis le 4 novembre… dans l’indifférence quasi générale.

Société
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« La répression ne va pas éteindre les free parties »
Entretien 9 avril 2026

« La répression ne va pas éteindre les free parties »

Dans sa pièce de théâtre documentaire Tribe, le metteur en scène et auteur Pierre Levant revient sur les répercussions du regard médiatique et politique sur les free parties.
Par Hugo Boursier
Free parties : l’assaut est lancé contre les sound systems
Analyse 9 avril 2026 abonné·es

Free parties : l’assaut est lancé contre les sound systems

Propositions de loi, projet gouvernemental, mission sénatoriale : les free parties, rassemblements techno festifs, sont redevenues une cible politique. Une offensive qui s’inscrit dans une longue histoire de méfiance et de répression à l’égard de la fête libre.
Par Maxime Sirvins
Dans les lycées du 93, « plus aucun de nos élèves n’arrive à se régulariser »
Rencontre 9 avril 2026 abonné·es

Dans les lycées du 93, « plus aucun de nos élèves n’arrive à se régulariser »

Depuis la circulaire Retailleau, en Seine-Saint-Denis, les lycéens étrangers ne peuvent plus se régulariser. Soutenus par les équipes pédagogiques, ils racontent le « combat » qu’est leur vie et la peur des OQTF. Fin décembre, un lycéen du 93 a été expulsé vers le Maroc.
Par Pauline Migevant
Handicap : la France à rebours du droit international
Enquête 8 avril 2026 abonné·es

Handicap : la France à rebours du droit international

Historiquement enferré dans une logique institutionnelle, l’État impose aux personnes handicapées un quotidien en établissement médico-social. Un schéma dénoncé par l’ONU, qui prône une nécessaire désinstitutionnalisation. En dépit de mobilisations, celle-ci est loin d’être envisagée.  
Par Elsa Gambin