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On a raison de défendre la diversité de la production cinémato-graphique française. Grâce à son mode de financement des films, et malgré une tendance à l’uniformisation due à la recherche fantasmatique du risque zéro, des cinéastes aussi différents que Jacques Doillon, Chantal Akerman, Rabah Ameur-Zaïmeche, Sophie Fillières ou Alain Guiraudie, pour ne citer qu’eux, poursuivent leur œuvre. Cette richesse-là est évidemment une chance pour les spectateurs, qui peuvent ainsi se confronter à une pluralité d’univers esthétiques et faire des rencontres avec des films qu’il leur arrive de trouver enthousiasmants.

Cette réalité-là, les remises de prix annuels du cinéma n’en ont cure. À regarder les césars, il n’y aurait qu’une poignée de films dignes d’y être cités plusieurs fois – c’est-à-dire suffisamment pour exister dans une telle soirée –, et qu’un ou deux à valoir une haute récompense. On ne sait pas très bien qui présélectionne les « nominés », et sur quels critères, mais à l’arrivée le résultat est clair. Des films inventifs et singuliers comme Pater , d’Alain Cavalier, l’Exercice de l’État , de Pierre Schœller, La guerre est déclarée , de Valérie Donzelli, et Le Havre , d’Aki Kaurismaki, remportent, tous réunis, 4 césars. The Artist et Intouchables , deux aimables divertissements qui totalisent plus de 2 millions d’entrées pour l’un, 19 millions pour l’autre (bien au-delà de ce qu’ont réalisé les quatre précités), obtiennent 7 césars, dont les 4 plus prestigieux.

Avec les oscars dans la foulée, la richesse du cinéma français est passée de 2 films à un seul. C’est notre gloire. Notre emblème. On jouit de le répéter en boucle. On ressasse, ébahis. Vive la diversité !


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