Surendettement, « une spirale financière infernale »

Sabine Esponda, qui a aidé son frère surendetté, dénonce dans un livre témoignage la mécanique pernicieuse des crédits renouvelables et le cynisme des organismes de prêt qui profitent des failles d’ un appareil législatif déficient.

Sarah Sudre  • 24 mai 2012 abonné·es

«Le surendettement, c’est comme une catastrophe naturelle. Ça arrive toujours aux autres, jamais à nous », raconte Sabine Esponda. En 2008, quand elle a appris que son frère Antoine était endetté à hauteur de 50 000 euros, il lui a fallu agir, et vite. Après quatre années de lutte acharnée contre les sociétés de crédit, la famille Esponda a finalement obtenu gain de cause. Aujourd’hui, le combat continue. « Pas pour nous, précise Sabine Esponda, mais pour les milliers de foyers surendettés en France ».

Dans votre livre [^2], vous définissez le crédit renouvelable comme un piège pour le consommateur. Pourquoi ?

Sabine Esponda :  Au premier abord, le crédit renouvelable semble avantageux pour les gens qui ne peuvent pas payer en une seule fois. C’est un mode de crédit tentant, car facile d’accès. Il n’y a pas la contrainte de devoir constituer un dossier de justificatifs. C’est aussi un crédit alléchant, parce que les mensualités de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés
Histoire 5 février 2026

La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés

Marquées par les traumatismes de guerre, de racisme ou de pudeur, les histoires familiales des enfants issus des générations postcoloniales peinent à être partagées. Face à ces silences, les enfants héritent d’une mémoire fragmentée, et peinent à retrouver leur récit.
Par Kamélia Ouaïssa
Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression
Analyse 5 février 2026 abonné·es

Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression

Les médias dominants, ou mainstream, semblent aborder encore l’histoire coloniale et l’immigration à travers un regard dominant. Podcasts, médias indépendants et plateformes numériques deviennent alors des lieux de contre-récit, de mémoire et de réappropriation.
Par Kamélia Ouaïssa
« Je voulais raconter la condition des femmes noires »
Entretien 5 février 2026 abonné·es

« Je voulais raconter la condition des femmes noires »

Avec Sous nos peaux, Maïram Guissé explore l’intime des femmes noires de son entourage. En mêlant témoignages et parcours personnels, l’autrice interroge l’identité, les enjeux de représentation et la place que la société réserve aux corps noirs.
Par Kamélia Ouaïssa
« La gestion des naissances n’est pas en dehors du système capitaliste »
Entretien 5 février 2026 abonné·es

« La gestion des naissances n’est pas en dehors du système capitaliste »

À rebours d’une vision nataliste centrée sur l’économie, la géographe Clélia Gasquet-Blanchard interroge les conditions d’accompagnement à la naissance dans un système capitaliste.
Par Salomé Dionisi