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Parutions de la semaine

Algérie : des « événements » à la guerre : idées reçues sur la guerre d’indépendance algérienne

Sylvie Thénault, Le Cavalier bleu, 208 p., 18 euros.

L’actualité risque d’être chiche sur le sujet : il est utile de rappeler qu’en Algérie l’on commémore cette année le cinquantenaire de l’indépendance –le 5 juillet 1962 –, quand la France s’est récemment épanchée sur les Accords d’Évian, signés le 18 mars 1962, refermant huit ans de guerre avec l’ancienne colonie. Entre les deux pays, l’histoire commune continue à laisser des traces parallèles. Existe-t-il pour autant une « guerre des mémoires » ? Sylvie Thénault réfute l’idée, jugeant qu’elle sert des visées politiques : une bataille d’interprétation encore très vivace qui empêche «  l’élaboration d’une politique de commémoration susceptible de panser les plaies et de solder les comptes de ce passé ». L’historienne l’affirme à ceux qui prétendent rejouer sans fin la partie : la guerre est terminée, la France y fut vaincue, et l’indépendance de l’Algérie est irréversible ! La forme faussement ludique adoptée par l’ouvrage sert bien son propos, donc : derrière les « idées reçues », se cachent des idéologies et des luttes d’influence contemporaines encore actives, qu’elle décortique avec beaucoup de pédagogie : « Tous les Algériens ne souhaitaient pas l’indépendance », « La guerre d’Algérie était une affaire intérieure française », « L’Algérie, c’était la France », etc. À conseiller cependant à ceux qui possèdent une connaissance de base de la période.

Crack Capitalism : 33 thèses contre le capital

John Holloway, traduit de l’anglais par José Chatroussat, présenté par Julien Bordier et José Chatroussat, éd. Libertalia, 464 p., 20 euros.

Universitaire irlandais enseignant au Mexique, John Holloway est encore trop méconnu en France. Sociologue et politiste, il est pourtant l’une des figures de la philosophie radicale anglo-saxonne. Très influencé par l’École de Francfort, en dialogue constant avec les mouvements zapatiste et altermondialiste, il est l’auteur de plusieurs essais de « théorie critique » très remarqués outre-Atlantique. En professant un « marxisme ouvert », profondément renouvelé et critique, qui refuse l’idée d’une avant-garde guidant les masses, il propose d’affronter le capitalisme, non pas en cherchant à le détruire – ce serait, selon lui, « partir perdant »  –, mais en « refusant de le fabriquer », grâce à la création de « brèches » ouvrant des espaces et des moments autonomes. Les Indignés ou le mouvement Occupy pourraient bien avoir lu avec attention ces 33 thèses contre le capital, aujourd’hui traduites en français ! À découvrir d’urgence.


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