Dossier : Contre la malbouffe : Manger local

Contre la malbouffe, manger local

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Plus de quatre mille kilomètres à travers quatre pays, de l’abattoir roumain à l’assiette anglaise, en passant par l’importateur Spanghero à Castelnaudary et l’usine de confection luxembourgeoise de Comigel : c’est la distance parcourue au galop incontrôlé par la viande de cheval – vendue pour du bœuf mais deux fois moins coûteuse –, qui fourrait les lasagnes Findus débusquées début février par les services britanniques. Ajoutons un étage de sous-traitance et deux intermédiaires courtiers pour compléter cette pérégrination, étonnante mais banale dans le monde impitoyablement concurrentiel du commerce sans frontière. Ce que l’on appelle un circuit long. Les premiers émus ont cru le scandale réduit à un scénario de western spaghetti : un méchant (roumain), une victime (une marque appréciée). Mais il s’agit bien d’une fraude massive, chaque jour alourdie de révélations, étalée sur des mois, qui sait répétitive, avec Spanghero à la barre, des complicités actives (Comigel ? Les courtiers ?). Et qui n’est qu’un pan d’une magouille encore plus vaste, structurelle, ourdie par plusieurs réseaux : elle touche déjà une quinzaine de pays, une trentaine d’entreprises, des millions de produits.

Tous coupables ? L’hypocrisie culmine dans ce système indécrottable. Les États annoncent plus de contrôles, appellent les filières à la responsabilité, mais autorisent dans la foulée (via Bruxelles)… le retour des farines animales, cause de la crise de la vache folle ! Quelle nouvelle norme, quelle armée d’inspecteurs pourraient restaurer la confiance dans des circuits organisant de facto la complexité et l’opacité pour maximiser les profits, où celui qui concède le plus bas prix emporte le marché – on ne veut pas savoir comment ? Et les consommateurs, sont-ils prêts à s’interroger sur le bénéfice supposé qu’ils retirent d’une guerre des prix dont ils préfèrent souvent ignorer les coulisses ?


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