Victoire sous tension pour les militants du droit au logement

Le premier immeuble réquisitionné rue de la Banque en 2006 par le DAL, Jeudi Noir et Macaq sera bientôt transformé en logement social.

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Au 24 rue de la Banque hier après-midi, , dans le deuxième arrondissement de Paris, une cinquantaine de militants du « collectif des mal-logés » s’étaient invités à l’inauguration de l’édifice restauré. Leur intention, interpeller le maire de Paris, Bertrand Delanoë, sur la situation toujours précaire des familles prioritaires au DALO.

Transformé en logements sociaux, ce bâtiment symbolique a été réquisitionné par le DAL, Jeudi Noir et Macaq en décembre 2006. Une petite révolution dans ce quartier prospère de la Bourse. Soutenus à l’époque par des politiques et des artistes, l’occupation sonnait la revanche de ces sans-voix, souvent travailleurs sans-papiers.

Pour Manuel, porte-parole du collectif, « cette inauguration incarne la réussite d’une bonne articulation entre l’activisme des militants et la politique municipale. Il est aussi la preuve que la réquisition, ça marche ! »

Fer de lance de la lutte contre le mal-logement, les associations l’avaient baptisé le « ministère de la crise du logement ». S’installant dans un premier temps avec la cinquantaine de mal-logés qui, pour la plupart, campaient devant l’immeuble, il aura fallu attendre cinq ans et une préemption de la mairie pour entamer les travaux en 2011.

« Cinq ans plus tard, la situation s’est dégradée et il faut que la gauche au pouvoir fasse respecter la loi DALO » , souligne Jean-Baptiste Eyrault.

Par ailleurs,  le DAL et Jeudi Noir occupent depuis décembre 2012, un immeuble situe rue de Valenciennes dans le 10e arrondissement, pour lequel la Mairie de Paris à décidé de lancer en avril une procédure de préemption afin de le transformer également en logements sociaux.

Enfin, d’après Jean-Yves Mano, la mairie négocie actuellement la signature d’une convention avec l’État, en vue d’acquérir la caserne de Reuillly, dans le 12e arrondissement de Paris, ainsi que l'ancien siège de la gendarmerie nationale, rue Saint-Didier, près du Trocadéro. À terme, 400 à 500 logements sociaux y seront proposés à la location, dont une partie pour les étudiants.

Pour les associations, la lutte contre le mal-logement se mène sur plusieurs fronts. Agir sur le marché en limitant la spéculation, augmenter le contingent de logement social par la préemption ou la construction et enfin inciter l’ensemble des réservataires à s’impliquer plus largement dans l’achat d’immeubles.

Aujourd’hui, Paris compte près de 200 000 logements sociaux mais le faible taux de rotation en limite considérablement l’attribution aux quelque 140 000 demandeurs.


Photo : MIGUEL MEDINA / AFP, action de jeudi noir, 29 mars 2013.

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