Premières audiences délocalisées d’étrangers au Mesnil-Amelot

La mobilisation n’a pas suffi : les premières audiences délocalisées pour les étrangers en situation irrégulière débutent ce lundi 14 octobre, au Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne.

Ingrid Merckx  • 14 octobre 2013
Partager :

Une justice d’exception pour les étrangers. C’est ce qui est lancé ce lundi 14 octobre, dans l’annexe du tribunal de Meaux, juste à côté du centre de rétention du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne.

«Ni Manuel Valls ni Christiane Taubira n’auront donc été ébranlés par la forte mobilisation suscitée par les projets d’ouverture de cette annexe et de celle
programmée dans la zone d’attente de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle,
constate un collectif d’organisations mobilisées, dont la Cimade, le Gisti, l’Anafé, le Comede, la LDH, le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature (SM). Les ministres restent ainsi sourds aux appels que leur ont personnellement adressés la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), le Conseil national des barreaux (CNB) et de très nombreux parlementaires, élus, personnalités, associations… »

Ces premières audiences vont concerner celles du juge des libertés
et de la détention (JLD) mais aussi celles du juge administratif. Tous deux sont chargés d’examiner le maintien en rétention des étrangers que l’administration veut éloigner du territoire.

Plus de 3 000 personnes sont placées au CRA du Mesnil-Amelot, le plus grand centre de ce type en France, et près de 7 000 sont maintenues dans la zone d’attente de Roissy. Cela signifie que 10 000 personnes sont susceptibles d’être présentées dans ces salles d’audiences délocalisées et difficiles d’accès.

Elles sont en effet mal desservies par les transports en commun, ce qui complique la venue des familles et la présence d’un contrôle citoyen.

A lire : le dossier de Politis , La République bafouée.

Société Travail
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Sale arab » : dans les casernes de pompiers, des syndicats face à un racisme « décomplexé »
Reportage 3 février 2026 abonné·es

« Sale arab » : dans les casernes de pompiers, des syndicats face à un racisme « décomplexé »

Des inscriptions islamophobes découvertes dans des casiers de pompiers du Val-d’Oise déclenchent des réactions fortes, inédites chez les sapeurs-pompiers. L’omerta sur ce sujet tabou dans cette corporation s’effrite.
Par Elina Barbereau
En Haute-Savoie, des pompiers volontaires sanctionnés après avoir dénoncé du harcèlement
Enquête 3 février 2026

En Haute-Savoie, des pompiers volontaires sanctionnés après avoir dénoncé du harcèlement

À Faverges (Haute-Savoie), des sapeurs-pompiers dénoncent des faits de harcèlement moral. Une vidéo révèle un chef de centre humiliant sexuellement un volontaire. Alertée, la hiérarchie préfère sanctionner les lanceurs d’alerte.
Par Elina Barbereau
Shein, Temu, ou l’invasion quoi qu’il en coûte du marché français
Analyse 3 février 2026 abonné·es

Shein, Temu, ou l’invasion quoi qu’il en coûte du marché français

Les géants de l’e-commerce chinois connaissent une croissance exorbitante en Europe et notamment dans l’Hexagone ces dernières années. Cela crée de nouvelles filières où rapidité et exploitation sont les maîtres mots.
Par Pierre Jequier-Zalc
« Mon pied est foutu » : un sans-papiers, victime d’un accident de travail chez Clear Express, témoigne
Témoignage 2 février 2026

« Mon pied est foutu » : un sans-papiers, victime d’un accident de travail chez Clear Express, témoigne

En 2024, Dieydi B.,  intérimaire pour Clear Express, se fait violemment percuter à la jambe par un chariot de manutention. Près de deux ans plus tard, il n’a toujours pas retrouvé l’usage normal de son pied. L’entreprise est poursuivie pour blessure involontaire ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de trois mois.
Par Pierre Jequier-Zalc