Misérables « dédiabolistes »

La Pen daughter tient désormais l’agenda politique et médiatique du pays.

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Depuis plus d’années que nous n’en pourrions compter sur les doigts de notre main gauche, des prosateurs de presse et de médias de gros niveau nous expliquent très doctement qu’il faut cesser de « diaboliser » le Front national et son électorat, parce que « ça ne marche pas ». Ces fiers penseurs vont répétant qu’il ne faut – en substance – plus dire que l’extrême droite est un ramassis de crapules xénophobes, parce que ça ne l’empêche pas de progresser dans les sondages d’opinion – et qu’il ne faut pas non plus considérer que les votant(e) s qui lui donnent leurs voix sont des gro(sse)s con(ne) s (ou des salauds, ou les deux) parce que ça ne les empêche pas du tout de continuer. (T’as voté pour Mussolini, Jean-Mi ? Viens là que je t’étreigne.)

Cette pénétrante « démonstration » s’appuie – notamment – sur le présupposé que les faf(fe)s seraient seul(e) s, dans l’époque, à nourrir leur clientélisme d’une stigmatisation obsessive des musulman(e)s, des Roms et (plus généralement) de quiconque n’est pas né(e) blanc(he) à Saint-Pourçain-sur-Sioule avant l’hiver 1445. Mais, dans la vraie vie, tel n’est pas le cas : dans la vraie vie, il y a lurette que les phobies qui étaient naguère contenues dans les marécages du chauvinisme ont gangrené la droite dite « républicaine » et de (plus en plus de) gros bouts de la « gauche », avec le résultat que tout ce petit monde communie – avec aussi son Finkielkraut de compagnie (liste non exhaustive), appointé à sa récitation que l’ « angoisse identitaire » des Françai(se)s von souche 1 « devrait être prise en charge par tout le monde et notamment par la gauche »  – dans la mise au ban « décomplexée » de l’altérité.

Bien sûr, cette banalisation de la haine a eu pour unique effet – quelle extraordinaire surprise – d’accroître la popularité sondagière du parti pénien, puisque les mêmes saloperies qui lui valaient auparavant un opprobre à peu près général sont désormais dites également, et sous le même sceau du « parler vrai » dont il s’est toujours prévalu, par 99 % des oligarchies médiatiques et politiques. Dans cette normalisation, certain(e)s ont joué un rôle très actif – très militant : c’est le cas d’un gars comme Manuel Valls ou de l’hebdomadaire Marianne, qui, depuis le début des années 2000, n’est presque plus jamais resté plus d’une semaine sans psalmodier qu’il convenait de ne-pas-abandonner-aux-frontistes-le-monopole-des-sursauts-sécuritaires.

Résultat : la Pen daughter caracole en tête des sondages, et – surtout – tient désormais l’agenda médiatique et politique du pays. En clair : les dédiabolistes lui ont ouvert un boulevard où elle parade – et cela devrait normalement les inciter à la fermer désormais à double tour, pour mieux faire oublier leurs terribles compromissions. Mais ce n’est pas du tout ce qui se passe, et Marianne prétend au contraire donner maintenant des leçons de résistance « face au FN » – en répétant jusqu’à la nausée « qu’une France généreuse et ouverte  […] doit évidemment réguler l’immigration et lutter contre les clandestins »


  1. Yo, Robert. 


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