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Des « indignés » candidats aux européennes pour incarner la démocratie directe

Le mouvement « Démocratie réelle » présente des listes sans programme, établies par tirage au sort, pour servir de relais aux citoyens… Quitte à composer avec l’extrême droite.

Des candidats sans programme ni couleur politique, qui promettent de « restituer le pouvoir aux citoyens »  : à l’approche des européennes, un réseau de citoyens dévoile les plans de sa « contre-élection ». L'offensive, préparée de longue date sur le Net, doit permettre de dénoncer une « mascarade » , produit d'un « régime électoral » antidémocratique et «oligarchique» .

Le procédé est simple. Des candidats ont été désignés par tirage au sort parmi des dizaines de volontaires. En cas de succès, le ou la futur(e) député(e) européen(ne) promet de soumettre tous les projets de loi discutés au Parlement européen à des référendums populaires.

L’eurodéputé, réduit au rôle de « coursier », calque ses votes sur le résultat de ces consultations et cède sa place à un autre membre de la liste 6 à 9 mois après sa prise de fonctions.

« Notre objectif est de faire de la communication »

Le logo de «Démocratie réelle» Ce mouvement, baptisé « Démocratie réelle », succède au mouvement des « Indignés », qui, partant d’Espagne, a essaimé dans le monde entier au printemps 2011 avec un discours « apartisan » contre l'omnipotence de la finance mondiale. Dans les assemblées générales, c'est l’idée de réforme constitutionnelle qui servait le plus fréquemment de dénominateur commun à ces militants, souvent néophytes, arrivant d’horizons très divers.

Lire > Les « Indignés » à la Défense

Un petit noyau a réussi à traduire cette dynamique par des listes « Démocratie réelle » aux législatives de juin 2012, dans 4 circonscriptions de l’Isère. Bilan : 0,5 % des voix en moyenne et une belle exposition médiatique pour ce mouvement neuf. « Nous ne sommes jamais arrivés derniers, nous devancions toujours le Parti pirate ou LO », se félicite Valentin Radlo, qui a recueilli 0,24 % des voix à Grenoble et dans une partie de sa banlieue chic 1.

Expériences difficiles aux municipales

Ce petit noyau précurseur diffuse depuis l’idée sur la toile, avec les européennes en ligne de mire. Grâce aux réseaux sociaux, aux plateformes participatives ou aux visioconférences, ils parviennent à réunir des dizaines de volontaires. Des listes vont être déposées dans toutes les circonscriptions de métropole, à l’exception de celle de l’Est.

Le scrutin européen, symbolique selon eux du dysfonctionnement démocratique des institutions, est abordable par la taille de ses circonscriptions et présente, grâce à la proportionnelle, une vraie opportunité pour les petites formations politiques. Il servira surtout de « fenêtre médiatique » pour le mouvement « Démocratie réelle » : « Nous utilisons le calendrier politique pour communiquer » , assume Valentin Radlo.

En revanche, l’expérience est moins aisée pour les municipales des 23 et 30 mars. La plupart des tentatives menées un peu partout sur le territoire ont été abandonnées faute de volontaires. Dans son village de St-André-de-Valborgne (Gard), Camille Halut a réussi à dresser une liste de 5 volontaires, sur les 310 habitants permanents. Suffisant, dans une commune de moins de 1 000 habitants, pour aligner une liste et s’inviter dans les débats.

« Nous allons pouvoir redéfinir les règles en redonnant l’initiative et le pouvoir décisionnel aux citoyens » , s’enthousiasme la militante, qui figure à la 7e place sur la liste rhône-alpine aux européennes.

Manifestation contre la «farce électorale», Le 21 avril 2012 devant le Palais Brongniart à Paris. - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

« C’est une affaire pourrie »

Mais l’initiative sème le trouble au sein du petit mouvement des héritiers des «Indignés ». « C’est un mouvement incolore et inodore », regrette François, un des animateurs du groupe « Démocratie réelle Paris », sans rapport avec les listes de candidats. À la faveur des premiers rayons du printemps, il avait convié ce lundi les « Indignés » parisiens pour relancer les rassemblements sur les marches de l’Opéra Bastille.

Le malaise est entretenu, comme depuis les premières heures du mouvement, par la présence de citoyens proches de l’extrême droite. Un militant du Front national a ainsi été tiré au sort pour figurer sur la liste « Démocratie réelle » du Sud-Ouest. « Je trouve ça très sain , assure Camille Halut, qui se dit par ailleurs opposée aux idées frontistes. La démocratie doit se faire avec tout le monde, nous voulons expérimenter les comportements démocratiques.»

« Du moment qu'ils s'engagent à faire voter les Français sur chaque projet de loi, il est tout à fait possible que des militants de divers horizons se retrouvent sur une liste , juge aussi Valentin Radlo. Il n'est pas question d'abandonner une partie de la population sous prétexte qu'elle ne pense pas comme nous. »

Les militants de « Démocratie réelle Paris » sont moins enthousiastes. Après les soraliens d’Égalité et Réconciliation, qu’ils ont dû éconduire du mouvement en 2011, ils doivent aujourd’hui se méfier des partisans de Dieudonné et des proches du Front national. « Dans les débats en ligne autour de ces listes, on retrouve beaucoup de membres de l’UPR, le parti [souverainiste] de François Asselineau , raconte François. C'est une affaire pourrie» .

« On ne peut pas en vouloir aux personnes d'être trop méfiantes , tente d’apaiser Valentin Radlo. C’est une réaction totalement compréhensible. »

Des chances infimes de réussite

Selon les règles du scrutin européen, les listes « Démocratie réelle » devront obtenir au moins 5 % des votes le 25 mai pour espérer être représentées au Parlement. Dans les faits, le seuil permettant d’obtenir un élu se situe le plus souvent autour de 7 % ou 9 %.

Pour atteindre cet objectif, les listes de «Démocratie réelle» devront composer avec la concurrence du Parti pirate, présent dans trois circonscriptions, avec son discours pour « la participation citoyenne active au sein des institutions » . Dans trois circonscriptions, des listes « Citoyens du vote blanc » lorgnent aussi sur le vote de rejet.

  • Ajout, jeudi 13 mars : Les personnes interrogées parmi «Démocratie réelle» réfutent l'emploi du terme d'«Indigné(e)», notamment en titre de l'article. Ils ne se revendiquent pas de ce mouvement. «Notre démarche vise à rassembler. La démocratie doit se faire au-delà des étiquettes » , précise Valentin Radlo.

  • Le clip de la campagne «Contre élection» :


  1. 1ère circonscription de l’Isère 


Photo : PEDRO ARMESTRE / AFP

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