Lipietz et Gandais suspendus d'EELV pour s'être alliés à l'UMP

À Villejuif (94), les deux écologistes participent à une large fusion comportant des listes estampillées à droite, et qui pourrait l'emporter dimanche prochain.

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Quelle mouche a donc piqué Natalie Gandais et Alain Lipietz ? Les deux têtes EELV d'une liste écolo-citoyenne à Villejuif (94), arrivée 4e dimanche (10,4 %), ont opté, avec leurs colistiers, pour une fusion avec un divers gauche (Philippe Vidal, 10,6 %) mais surtout avec les candidats adoubés par l'UMP (Franck Le Bohellec, 17,6 %) et l'UDI (Jean-François Harel, 15,8 %). Une alliance qui a de bonnes chances d'emporter la mairie.

Dès l'annonce, les deux écologistes ont été suspendus en procédure d'urgence par leur parti pour ce rapprochement « contre-nature ». « Il n'y a aucun fondement juridique à cette décision, proteste Alain Lipietz. Et puis la droite, à Villejuif, c'est Claudine Cordillot ! » La maire communiste sortante est arrivée en tête avec sa liste PC-PS-MRC-PG (32,7 %). Par décision du secrétariat départemental du parti écologiste, c'est elle qui aura le droit de porter le logo EELV.

Alain Lipietz, écologiste historique, étale les griefs portés, dit-il, par de nombreux habitants : urbanisme livré à un promoteur à la botte, clientélisme, fraude…  « Ce communisme municipal est devenu insupportable, affairiste, autiste, renchérit Natalie Gandais. Ce large rassemblement a pour but de renverser ce système. »

Un précédent difficile à assumer en termes d’image

En décembre, la liste EELV-citoyenne avait communiqué ses « lignes rouges » : remise à plat du plan local d'urbanisme (PLU), remplacement de la ZAC Aragon par un éco-quartier, 25 % de logements sociaux dans les nouvelles constructions, sécurité par la prévention et la médiation, alimentation bio avec option végétarienne, respect des origines et croyances, etc. Une liste de critères qui, s'ils étaient acceptés par ses adversaires, autoriserait des alliances.

« Nous avons été clairs : il ne s'agissait pas de se déterminer en fonction des étiquettes, mais du projet , justifie la candidate. Nous ne sommes pas parvenus à un ralliement avant le premier tour, nous y sommes aujourd'hui. Et la liste PC ne nous a rien proposé. »

Les deux écologistes se défendent : les listes estampillées « à droite » ne seraient pas représentatives de ce que l'on peut en imaginer – peu de personnes encartées, beaucoup de citoyens, avec un mélange des genres. « Le deuxième de la liste Le Bohellec est un ancien socialiste » , souligne Alain Lipietz.

On peut imaginer que leurs arguments ne seront pas jugés recevables par les instances d'EELV chargées de confirmer la sanction, qui redouteront de valider un précédent difficile à assumer en termes d'image. « J'assume totalement d'être virée , commente Natalie Gandais. Je ne fais pas de la politique pour les appareils, mais pour les gens qui en ont besoin. »


Photo : PATRICK HERTZOG / AFP

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