Venezuela : l’équilibre de la violence
L’incapacité du gouvernement à résoudre les pénuries et l’échec de l’opposition à gagner les classes populaires entretiennent un conflit sans fin. Correspondance à Caracas, Jean-Baptiste Mouttet.
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Depuis un mois et demi, Caracas, la capitale du Venezuela, est le théâtre des mêmes scènes de violence. La place Altamira et ses environs, dans la municipalité aisée de Chacao, voient se dresser des barricades. Des jeunes préparent des cocktails Molotov, le visage caché derrière des foulards. En contrebas, les forces de l’ordre attendent le signal derrière des boucliers transparents : lancer d’explosifs, envoi de lacrymogènes, parfois des jets d’eau. L’affrontement dure jusqu’à la nuit tombée. Une fois dans l’obscurité, les manifestants se dispersent sous la pression de la garde nationale. Dimanche soir, l’armée est intervenue pour tenter de déloger les contestataires.
À quelques pâtés de maisons de la place, la ville est paisible. Ces affrontements peuvent pourtant vite basculer dans l’horreur, comme à Valencia, dans le nord du pays, où, le 12 mars, deux civils et un fonctionnaire de la garde nationale bolivarienne ont été tués par balle. Depuis le début des manifestations, 28 personnes ont été tuées. La procureure générale, Luisa Ortega Diaz, a déclaré que, sur les 365 blessées, 109 étaient membres des forces de l’ordre.
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