« Avec les intermittents, le gouvernement s’affronte à un milieu qui lui était favorable »

Entretien avec Frédéric Hocquard, conseiller PS de Paris, qui fait partie des parlementaires et élus qui se prononcent contre l’accord du 22 mars concernant les intermittents et intérimaires.

Ingrid Merckx  • 14 juin 2014 abonné·es
« Avec les intermittents, le gouvernement s’affronte à un milieu qui lui était favorable »

Le 7 juin, Manuel Valls a nommé le député PS d’Indre-et-Loire Jean-Patrick Gille à la tête d’une « mission de proposition » pour tenter de répondre, dans les quinze jours, aux intermittents du spectacle qui menacent de prolonger les annulations de spectacles et de festivals. En cause : l’accord signé le 22 mars à l’Unedic sur leur régime d’assurance chômage. Si ce texte était agréé par le ministre du Travail, François Rebsamen, à la fin du mois, il poursuivrait la précarisation de la profession à l’œuvre depuis 2003 (voir Politis du 15 janvier). Intermittents et personnalités de la culture tentent depuis plusieurs semaines d’en dissuader le ministre, mais aussi cent parlementaires et des élus parmi lesquels Martine Aubry, Jean-Christophe Cambadelis, Anne Hidalgo… Avec Fanélie Carrey-Conte, députée de Paris, Frédéric Hocquard, conseiller de Paris et ancien secrétaire national à la culture du PS, a publié une tribune en ce sens, le 27 mars. Depuis, il a quitté le secrétariat national du PS et s’alarme de la dispersion de la gauche.

La nomination de Jean-Patrick Gille comme médiateur représente-t-elle un espoir ou un coup de communication ?

Frédéric Hocquard : Jean-Patrick Gille a piloté en 2013 un rapport sur les conditions d’emploi dans les métiers artistiques. Il connaît bien le sujet des intermittents. Mais quelle est sa marge de manœuvre réelle ? Pour le gouvernement, il fait figure de dernière chance de trouver un accord avec les intermittents.

Cent parlementaires, dont une majorité de socialistes, se sont prononcés contre l’agrément de l’accord du 22 mars. Ce texte peut-il encore être bloqué ?

Il faut tout faire pour le différer le temps nécessaire à sa modification. Le problème, c’est que le Medef voudrait que

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Politique
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Municipales : des listes citoyennes pour redonner confiance en la politique
Démocratie 13 mars 2026 abonné·es

Municipales : des listes citoyennes pour redonner confiance en la politique

Depuis 2020, une soixantaine de mairies sont gérées par des listes citoyennes. Un mouvement qui s’étoffe pour ces élections municipales, renforcé par le besoin de réconcilier les habitants avec la politique, et de faire front face à l’extrême droite.
Par Vanina Delmas
À Poitiers, la démocratie participative à l’épreuve des municipales
Reportage 13 mars 2026 abonné·es

À Poitiers, la démocratie participative à l’épreuve des municipales

Dans cette ville de la Vienne, la démocratie participative a été éprouvée pendant six ans par la maire Léonore Moncond’huy. Elle est au cœur des débats de cette campagnes… et de la division de la gauche.
Par Vanina Delmas
« La vraie opposition, c’est les puissants contre les précaires, pas les Calaisiens contre les exilés »
Entretien 13 mars 2026

« La vraie opposition, c’est les puissants contre les précaires, pas les Calaisiens contre les exilés »

Face à la maire Natacha Bouchart et à la poussée de l’extrême droite, la liste « Calais à gauche toute » veut rompre avec la politique d’hostilité menée contre les personnes exilées. Juliette Delaplace, figure associative et numéro deux de la liste, détaille comment une municipalité peut résister à la militarisation de la frontière.
Par Pauline Migevant
Associations : l’enjeu oublié des municipales
Enquête 11 mars 2026 abonné·es

Associations : l’enjeu oublié des municipales

Partout en France, des maires se portent au chevet des associations, dont le rôle de lien social est essentiel dans les villes et quartiers populaires. Mais compenser le désengagement de l’État leur est souvent impossible.
Par Lucas Sarafian