Disparition : Hafed Benotman

Benotman avait fait de l’écriture une seconde vie, à côté de dix-sept années de prison.

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Beaucoup de charme, de clins d’œil en coin, d’espiègleries, d’esprit malin, la casquette toujours vissée sur la tête, qu’il retirait péniblement, même à table. Quelque chose de résolument jubilatoire et d’enfant retors. Une culture large et l’ampleur d’un albatros dans sa générosité. Tel est le souvenir que laisse Hafed Benotman. Ou plutôt Abdel Hafed Benotman pour l’état civil. Un nom souvent décliné dans les tribunaux. C’est qu’avant d’être l’écrivain que l’on sait, Hafed s’est d’abord fait connaître des services de police. Né de parents algériens, en 1960, grandi dans le VIe arrondissement parisien, le p’tit Benotman a connu une première incarcération pour vol, dans un centre de jeunes détenus, à Fleury-Merogis, à 16 ans. Les braquages ont suivi, les condamnations avec, alourdies par les tentatives d’évasion, les cavales, pour un homme pas vraiment d’équerre avec l’enfermement, ses injustices, ses quartiers d’isolement, ses jours de mitard. Benotman avait fait de l’écriture une seconde vie, à côté de dix-sept années de prison. Ateliers de théâtre et romans. Des romans plus ou moins autobiographiques (les Forcenés, Éboueur sur échafaud, les Poteaux de torture), principalement publiés chez Rivages, dès 1993, versant dans le polar. En même temps que l’auteur s’était impliqué dans le sort des détenus, à travers diverses contributions, tel l’Envolée, journal anti-carcéral. Inlassablement réfractaire à l’autorité, Hafed Benotman. N’en déplaise à l’administration pénitentiaire, c’était un grand monsieur.


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