Notre-Dame-des-Landes : Bonjour veaux, vaches…

En deux ans, les occupants des terres expropriées pour le projet d’aéroport ont relancé une économie agricole originale sur plus de 200 hectares.

Patrick Piro  • 30 avril 2015 abonné·es
Notre-Dame-des-Landes : Bonjour veaux, vaches…
© Photo : Patrick Piro

Chaleur inhabituelle, c’est en manches courtes que l’on déjeune à Bellevue en ce début mars. Sur la grande table dressée devant le corps de ferme, une opulence bigarrée aiguise les appétits. Salades de saison et gratins, pain complet, choux, courges, poireaux, laitues et fromage frais local. Presque tout provient de la ZAD (zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes –  « autonome en légumes », répète-t-on avec une pointe de fierté. L’équipe de terrassement reprend des forces après une matinée à reboucher les ornières du chemin « de Cayenne », clin d’œil aux travaux forcés d’un autre siècle. Une jeune femme apostrophe la tablée : « Déterminons le prochain chantier collectif, puisque c’est bien parti ! » C’est le printemps, la sève pulse dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes. En janvier 2013, l’ancien exploitant quittait la ferme, exproprié et indemnisé par AGO-Vinci, qui prévoyait la destruction des bâtiments pour les rendre inutilisables. Dans la foulée, la ferme est « arrachée » par les zadistes. Après des mois de tension, Bellevue vit un répit malgré l’arrêté d’expulsion en cours : l’accord entre le PS et EELV lors de l’élection municipale de Nantes a suspendu le lancement du chantier de l’aéroport jusqu’à épuisement de tous les recours judiciaires sur la ZAD, ce qui peut conduire à 2017.

Certains des squatteurs sont membres du Copain 44, association de paysans de Loire-Atlantique qui a prêté une vingtaine de vaches pour

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »
Luttes environnementales 29 mai 2026

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »

La militante écologiste Lucie Pinson, fondatrice de l’ONG Reclaim Finance et Prix Goldman pour l’environnement en 2020, lutte auprès des milieux financiers pour les forcer à abandonner les investissements polluants. Pour elle, « il n’y a pas de fatalité, on décide aujourd’hui du monde de demain ».
Par Martin Eteve
« Le béton ciment est un matériau pilier du système capitaliste »
Entretien 20 mai 2026 abonné·es

« Le béton ciment est un matériau pilier du système capitaliste »

Pour l’architecte et militante écologiste Léa Hobson, l’intersectionnalité des luttes est la seule voie pour s’opposer aux impacts majeurs de la bétonisation sur les populations, les espèces et la terre.
Par Vanina Delmas
Les mouvements citoyens ne lézardent pas face aux bétonneurs
Analyse 20 mai 2026 abonné·es

Les mouvements citoyens ne lézardent pas face aux bétonneurs

Derrière de nombreux projets responsables de l’artificialisation des sols, il y a la filière du béton, puissante et omniprésente. Malgré les risques de répression, les citoyen·nes continuent de se mobiliser pour préserver les terres agricoles et naturelles.
Par Vanina Delmas
Le vent se lève contre les ravages écologiques des data centers
Reportage 20 mai 2026

Le vent se lève contre les ravages écologiques des data centers

Un projet de construction du plus grand centre de données d’Europe, Campus IA, menace 70 hectares de terres agricoles à Fouju (Seine-et-Marne), une commune de 650 habitants. Comme ailleurs en France, des résistances citoyennes font face aux périls pour le vivant que représente l’arrivée de ces infrastructures.
Par Martin Eteve