Élections espagnoles : victoire de la gauche citoyenne à Barcelone

Ada Colau et la gauche radicale sont arrivées en tête des élections municipales à Barcelone. Podemos peut gouverner Madrid avec le soutien des Socialistes.

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Fin annoncée du bi-partisme, érosion des intentions de vote pour Podemos depuis quelques semaines, victoire à portée de main pour la gauche radicale à Barcelone et Madrid : le scrutin municipal et régional espagnol s'annonçait mouvementé. Il l'a été. Récit de cette soirée, en direct, depuis le QG de la gauche citoyenne à Barcelone:

Lire > Les images de la victoire d’Ada Colau à Barcelone

  • 23 h 43 : Ahora Madrid (32,2 %) est arrivée derrière le PP (34,6 %) dans la capitale. Avec 20 sièges d'élus contre 21 pour le PP elle peut toutefois prendre la mairie si les socialistes du Psoe (15 %, 9 sièges) décident de la soutenir. Manuela Carmena aurait alors une majorité absolue.

Voici les résultats à Madrid.

  • 23 h 28 : Voici les résultats définitifs à Barcelone :

  • 23 h 10: Xavier Trias, leader de la droite indépendantiste devancée par Ada Colau à Barcelone, vient de déclarer : « C'est triste à dire mais nous avons perdu. Cela nous oblige à réfléchir. »

  • 23 h 05 : Après 90 % de dépouillement à Madrid, le PP est toujours donné légèrement vainqueur (21 sièges) devant Ahora Madrid (Podemos, 20 sièges) et le PSOE (9).

  • 22 h 50: Ada Colau, en larmes, annonce sa courte victoire devant une foule très émue. « Une victoire de David contre Goliath » .
    Illustration - Élections espagnoles : victoire de la gauche citoyenne à Barcelone
    «Je veux être le maire de Barcelone de sorte que vous ne soyez jamais des citoyens de seconde classe» , a-t-elle lancé.

  • 22 h 46: Scène de liesse à Barcelone. Ada Colau est attendue d'une minute à l'autre pour confirmer le résultat après dépouillement de tous les bulletins.

  • 22 h 36 : Après dépouillement de 73 % des bulletins à Madrid :

PP 21 sièges
Ahora Madrid 20
PSOE 10
_ Cuidadanos 6

  • 22 h 21 : Après dépouillement de 96 % des voix, l'écart se réduit entre « Barcelona en comùn » et la droite indépendantiste : « Barcelona en comùn » 11 sièges, CiU (Droite indépendantiste) 10.

  • 22 h 14 : Beaucoup de monde à la soirée électorale de « Barcelona en comùn », en attendant le discours d'Ada Colau.
    Illustration - Élections espagnoles : victoire de la gauche citoyenne à Barcelone

  • 22 h 07 : La mairie de Madrid est très partagée. Avec 14,6 % de votes comptés, Manuela Carmena (Podemos) emporterait 20 conseillers, à égalité avec Esperanza Aguirre (PP). Le PSOE arriverait 3e avec 11 conseillers.

  • 21 h 29 : D'après les projections sur les 24 % de bulletins dépouillés à Barcelone, « Barcelona en comùn » obtiendrait 12 sièges de conseillers municipaux sur 41, la droite indépendantiste serait seconde avec 8 conseillers, le PSC (Socialistes).

  • 21 h 12 :  Selon un sondage Antena 3, le PP serait la première force politique à l'échelle nationale, avec 27 % des voix (en recul de 10 points par rapport à 2011) suivi par le Psoe à 25 % (-2), Podemos à 10 % et Ciudadanos à 7 % (sondage GAD3).

Toujours selon Antena 3, le PP gagnerait dans 11 régions sur 13 sans toutefois parvenir à la majorité absolue.

  • 20 h 47 : La soirée s'annonce longue, pour déterminer les listes en tête à Madrid et Barcelone. Selon les estimations, les scores des listes de gauche radicale dans les deux principales villes du pays sont quoi qu'il en soit élevés.

Les militants barcelonais ont accueilli avec émotion ces premiers chiffres.

Le numéro 2 de la liste « Barcelona en comùn » est intervenu peu après 20 h pour saluer la belle participation, notamment dans les quartiers populaires, et remercier les militants.

  • 20 h 25 : Les scènes de joie ont laissé place à l'angoisse au siège de « Barcelona en comùn ». Les bons sondages sortis des urnes sont contredits par une étude de Antena 3 qui donne Xavier Trias (droite indépendantiste) gagnant, légèrement devant Ada Colau.

  • 20 h : A Barcelone, la première estimation donne Ada Colau, candidate de la gauche radicale, très légèrement devant le maire sortant Xavier Trias : Barcelone Comú obtiendrait 10 à 12 conseillers, la droite indépendantiste sortant CiU 9 à 11, selon un sondage sorti des urnes.

Scène de joie et vive émotion au QG du rassemblement à Barcelone.

Un sondage commandé par la télévision régionale TNS Demoscopia donne également la droite perdante à Madrid (31,9%, 19-22 conseillers), derrière la candidate de Podemos, Manuela Carmena (33,8%, 20 -23 conseillers). Une information toutefois démentie par une étude similaire de Antena 3. Le décompte des voix s'annonce donc tendu.

  • 19 h 55
    Les militants de « Barcelona en comùn » se sont réunis dans une ancienne usine pour attendre les résultats.

Illustration - Élections espagnoles : victoire de la gauche citoyenne à Barcelone

  • Participation stable à 18 h, sursaut civique à Barcelone :

Les chiffres de la participation à 18 h sont équivalents à ceux de 2011 (49,14 %), à l’exception de Barcelone où le nombre de votants est en hausse de 8 %. Un signe positif pour les militants du rassemblement de gauche radicale, qui compte sur le vote populaire pour bouleverser les équilibres. Avec 47 % d’abstention en 2011 sur la ville et jusqu’à 70 % dans les quartiers populaires, le réservoir de voix est en effet considérable.

Un frémissement plus léger est également observé à Madrid (+2,09 %), notamment dans les quartiers plus favorables à la gauche.

  • Le système politique espagnol à l’asphyxie ?

L’enjeu du scrutin réside dans la capacité des deux partis traditionnels à limiter leur déconfiture. Le PP (droite) et le Psoe (sociaux-libéraux) réunissaient à eux deux 82 % des suffrages lors des européennes de 2009. Cinq ans plus tard, en 2014, ils ne recueillent plus que 49 % des voix. Le PP, qui gouverne 11 des 13 régions qui doivent être renouvelées ce soir, s’expose donc à une lourde défaite.

Avec un tel changement de donne, dans un système électoral à la proportionnelle, plus personne n’est en mesure de gouverner seul.

PP et PSOE agitent donc la peur de l’instabilité politique et se posent en partis de compromis. Tandis que Ciudadanos, parti anti-corruption né en Catalogne en 2006 qui a explosé à l’échelle nationale début 2015, espère gagner le rôle de « faiseur de rois ».

Emmené par un avocat de 35 ans, Albert Rivera, le mouvement est candidat dans plus de 1 000 municipalités sur 8 000 et pour l'ensemble des scrutins régionaux.

  • L’heure de vérité pour Podemos

Après les européennes de mai 2014, la jeune formation s’est imposée comme la première force politique espagnole. Mais elle marque déjà nettement le pas dans les sondages, notamment depuis l’émergence de Ciudadanos, politiquement de centre droit.

« La nouvelle dialectique n’oppose plus droite et gauche, mais nouveauté et vieille politique , analysait jeudi un cadre de Podemos, Raimundo Viejo, interrogé en marge d’un meeting de rue de « Barcelona en comùn », dont il est candidat. Mais nous ignorons ce que les Espagnoles vont faire. »

Podemos continue de faire campagne pour une table rase des pratiques politiques, en faveur d'une démocratie plus participative.

Lire > Espagne : La révolution selon Podemos

L’enjeu est donc de confirmer pour la première fois les bons sondages que le mouvement a connus en 2014, malgré la forte baisse enregistrée début 2015.

Le terrain lui est plus favorable dans les deux principales villes du pays, où il pourrait accrocher des victoires symboliques :

  • Les Indignés aux portes de Barcelone

Barcelone est la meilleure chance pour la gauche anti austérité de remporter une victoire symbolique. Ada Colau, militante associative de 41 ans, conduit une liste de rassemblement « Barcelona en comùn ».

Lire > Opportunité historique pour les Indignés à Barcelone

S’ils sont donnés favoris par les sondages, la majorité absolue à 21 sièges est hors de leur portée, comme de celle de tous les autres partis en lice.

Le scrutin dans la capitale catalane est d’autant plus éclaté que la question indépendantiste est elle aussi entrée dans une fenêtre historique. Les élections régionales, convoquées en Catalogne le 27 septembre, auront valeur de referendum pour une déclaration unilatérale d’indépendance, espèrent les indépendantistes de chaque sensibilité politique.

Ada Colau, le 24 mai à Barcelone - QUIQUE GARCIA / AFP

  • Podemos rêve d'une surprise à Madrid

Madrid est un bastion de la droite depuis 25 ans. Mais la candidature d’une ex-juge de 71 ans, Manuela Carmena, soutenue par Podemos, pourrait créer la surprise.

Au terme d’une campagne « miraculeuse », les sondages donnent sa liste, Ahora Madrid («Madrid maintenant»), aux coudes à coudes avec celle du PP, chose impensable il y a encore deux semaines.

Estimation du nombre de sièges d'après les sondages, de janvier à mai :

Elle fait face à une cadre du PP, Esperanza Aguirre, associée à plusieurs scandales de corruption.

Madrid, 22 mai 2015. - PABLO BLAZQUEZ DOMINGUEZ / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES/AFP

Scrutin sensible en Navarre

Les équilibres sont aussi bouleversés en Navarre, avec des sondages favorables à Podemos. Juste derrière l’UPN (droite). Le jeu des alliances sera crucial pour la gouvernance de la région, sous la pression de Madrid et des enjeux nationaux à venir.


Photo de Une : QUIQUE GARCIA / AFP

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