Jean-Pierre Filiu : « Le régime syrien ne tient que grâce à l’Iran »
Le politologue Jean-Pierre Filiu, spécialiste du monde arabe, analyse les évolutions récentes, entre affaiblissement du régime de Bachar Al-Assad et nouvelle coalition rebelle.
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© AFP PHOTO / STR
Tandis que la communauté internationale se montre très préoccupée par le sort de Palmyre, les effroyables pertes humaines ne la font plus réagir. Bien que la coalition ait repris l’offensive dans des zones stratégiques, il ne peut y avoir de solution que politique, avec le départ d’Assad et un plan de paix qui dissocie la communauté alaouite du régime.
On semble assister à un changement du rapport de force en faveur de la rébellion. Comment l’analysez-vous ?
Jean-Pierre Filiu : Le changement du rapport de force n’est en fait que la conséquence de tendances de très longue durée. Il n’y a plus d’armée syrienne digne de ce nom. Et le régime d’Assad ne tient ses positions que quand il est massivement aidé par le Hezbollah libanais et par les différentes milices chiites d’Irak ou d’Afghanistan, patronnées par les gardiens de la révolution iraniens. Sans cet engagement irano-libanais direct, le régime essuie des pertes très lourdes, que ce soit dans la zone d’Idlib (nord-ouest du pays) ou à la frontière jordanienne, devant la coalition révolutionnaire, ou encore face à Daech. Bachar Al-Assad est assurément sur une pente militaire déclinante.
Comment interpréter ce qui s’est passé aux abords de Palmyre, où l’armée semble résister à Daech ?
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