La France malade de sa mémoire
Deux historiens et un sociologue analysent les obsessions identitaires qui déchirent la société française.
dans l’hebdo N° 1370 Acheter ce numéro

© Cohen/AFP
En 2010, les historiens Nicolas Bancel et Pascal Blanchard et le sociologue Ahmed Boubeker publiaient Ruptures postcoloniales (La Découverte). Ils souhaitaient contribuer à « repenser le cadre hexagonal », lacéré par des crispations, des assignations et des conflits identitaires largement dus à l’héritage impérial. Le livre était sorti en plein débat sur l’identité nationale, organisé par le ministère « de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire ». On se souvient combien l’initiative, destinée à prolonger – en vain – le siphonnage des voix du Front national, avait entraîné des dérapages racistes, souvent dans des salles communales mises à disposition par des élus locaux qui ne brillaient pas non plus par leurs précautions oratoires. Il s’agissait surtout, se rappellent les auteurs, de créer une dynamique idéologique qui voulait « opposer la “vraie France” à sa multiculturalité contemporaine ». Cinq ans après les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises, les trois chercheurs souhaitaient alors que leur « travail de déconstruction, pour replacer dans une perspective historique ce que nous vivons désormais de plein fouet et
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Marcuse, penseur du néofascisme qui vient
« Donald Trump donne un permis général pour un Far West global »
La gauche et la méritocratie : une longue histoire