Les sanctions se poursuivent contre les enseignants grévistes

Deux professeurs ont entamé lundi une grève de la faim, à Colombes, pour dénoncer une atteinte inédite au droit de grève.

Erwan Manac'h  • 22 septembre 2015
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Les sanctions se poursuivent contre les enseignants grévistes
© Gari Pham et Oscar Roman / Capture d'écran

Fait rarissime dans l’Éducation nationale, deux professeurs du collège Gay-Lussac de Colombes (Hauts-de-Seine) sont convoqués devant le conseil de discipline pour leur participation en décembre 2014 à une grève de trois semaines, contre la sortie de leur établissement du réseau éducation prioritaire.

Lire > Touche pas à ma ZEP ! Oscar Roman et Gari Pham, professeurs de mathématiques et de sport, ont reçu le 31 mars une convocation pour avoir participé à un blocage de leur établissement. Le conseil de discipline, maintes fois reporté depuis, doit avoir lieu le 9 octobre pour l’un des deux professeurs. L’autre attend toujours sa convocation.

« Nos collègues ont été choqués du traitement qui nous est fait. Nous ne sommes que deux à avoir été inquiétés sur la trentaine de professeurs mobilisés, raconte Oscar Roman. C’est notre attitude irrévérencieuse vis-à-vis de l’autorité qui est sanctionnée, nous devons nous mettre au garde-à-vous » .

Grève de la faim

Pour protester contre cette convocation, deux tiers des enseignants de l’établissement sont en grève reconductible depuis vendredi 18 septembre et les deux professeurs concernés par la procédure ont entamé lundi après-midi une grève de la faim.

« Nous avons une grande tradition de grèves. C’est ce qui nous a permis de sauvegarder nos volumes horaires, qui devait déjà baisser par le passé » , raconte Oscar Roman.

Lire > Éducation : « Zappe pas ma ZEP ! »

Le dialogue étant gelé avec le rectorat de Versailles, les grévistes de Gay-Lussac comptent désormais sur l’intervention du médiateur du ministère de l’Éducation. Ce lundi, Le Parisien rapportait le mécontentement de certaines familles « face à un conflit qui les dépasse » . Une quinzaine de personnes s’étaient rassemblées lundi pour demander la reprise des cours, indique le quotidien.

Le député socialiste de Colombes, Alexis Bachelay, a pris fermement position, ce mardi, contre ce mouvement de grève via sa page Facebook :

Illustration - Les sanctions se poursuivent contre les enseignants grévistes

Les grévistes ont en revanche reçu le soutien du Parti de gauche de Colombes et une pétition a été mise en ligne pour demander le retrait des poursuites disciplinaires. Elle a recueilli 1 200 signatures en trois mois.

Une situation similaire à Toulouse

Au mois de juillet, quatre enseignants du collège de Bellefontaine, à Toulouse, s’étaient mis en grève de la faim pour des raisons similaires. Après trois semaines de grève, 5 enseignants avaient reçu en mai une convocation en conseil de discipline pour « manquement de courtoisie et de loyauté envers ses supérieurs hiérarchiques » et perturbation du « bon fonctionnement du service public d’éducation » .

Tous étaient mutés dans d’autres établissements « dans l’intérêt du service » et risquaient des sanctions disciplinaires.

Lire > Education: quatre grèves de la faim contre des mutations d’office

Une enseignante de 33 ans a été hospitalisée le 17 juillet après vingt-six jours de grève de la faim, tandis que le rectorat de Toulouse acceptait d’annuler les sanctions disciplinaires sans toutefois revenir sur une partie des mutations forcées.

Elle témoignait une semaine plus tard sur l’antenne régionale de France 3 :

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