Leïla Shahid : « C’est la révolte des déçus d’Oslo »

Grande militante de la cause palestinienne en France et en Europe, Leïla Shahid analyse les événements récents en Palestine comme une reprise en main de la société civile par elle-même face à l’impasse politique et diplomatique.

Denis Sieffert  • 21 octobre 2015 abonné·es
Leïla Shahid : « C’est la révolte des déçus d’Oslo »
© **Leïla Shahid** Ancienne ambassadrice en France et auprès de l’Union européenne. Photo : Hams/AFP

Que se passe-t-il en Palestine et en Israël ? Alors que beaucoup croyaient la revendication d’un État souverain enterrée faute de combattants, la résistance resurgit sous une forme imprévue. Grande figure palestinienne, Leïla Shahid, relie ici les événements actuels à l’histoire de son peuple.

Le mouvement actuel, que certains appellent « l’intifada des couteaux », est très différent des soulèvements précédents. Comment l’analysez-vous ?

Leïla Shahid : Il y a 41 ans, j’avais entamé un doctorat d’anthropologie sur une expérience que j’avais trouvée fascinante dans les camps de réfugiés palestiniens du Liban. Cette expérience s’appelait l’intifada. Cette intifada, c’était la prise en charge de leur société par les réfugiés eux-mêmes. Ils avaient mis en place des comités populaires, mis à la porte les représentants de l’armée libanaise et pris en main la gestion des camps, créé des cours d’alphabétisation. Si je suis militante, c’est

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