Banksy à Calais

Le célèbre street-artiste, que personne n’a jamais vu, a apposé trois œuvres à Calais pour les réfugiés.

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Pour les réfugiés de Calais, les artistes et les intellectuels ont pétitionné, les cinéastes ont rapporté des images. Banksy a opté, lui, pour son mode d’intervention habituel : des graffs sur les murs. Le célèbre street-artiste, que personne n’a jamais vu, a apposé trois œuvres à Calais. L’une d’elles, située à l’entrée de la « jungle », est une réponse à tous ceux qui réduisent les migrants à une charge économique ou à la « misère du mond ». Banksy a figuré Steve Jobs, un baluchon sur l’épaule. Pour quelle raison ? Le père du fondateur d’Apple était un immigré syrien de Homs. Or, Apple est la société qui « dégage le plus de bénéfices et qui paye plus de sept milliards de dollars d’impôts », a précisé Banksy dans un communiqué. Voilà un argument pour qui ne pense qu’en termes de chiffres, de PIB et de richesses, comme les hommes politiques par exemple. Avec une ironie mordante, Banksy les met face à leurs contradictions : dans leur logique, c’eût été une terrible erreur que ne pas admettre le géniteur de Steve Jobs sur le sol des États-Unis. Et comme il était impossible de le sélectionner parmi ses compagnons d’infortune, il fallait donc les accueillir tous ! Les deux autres fresques sont nettement plus noires. L’une, dans le centre-ville, reprend le motif du Radeau de la Méduse, avec au loin non pas le navire l’Argus mais un ferry faisant la liaison avec Douvres, inaccessible aux réfugiés naufragés. L’autre, à l’entrée de la plage, représente un enfant regardant le large avec une longue-vue, sa valise à côté de lui. Mais c’est l’animal posé sur la lunette qui suscite le sentiment d’effroi. Il s’agit d’un charognard. Un vautour, qui attend patiemment sa proie. Contrairement à la photo du petit Eylan, cette œuvre ajoute l’éthique du regard à la puissance d’évocation. L’émotion qu’elle provoque est foudroyante.


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