Le mauvais quart d’heure de Valls

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Manuel Valls a passé un sale « quart d’heure » vendredi sur France Inter. « Lundi matin (après le second tour des régionales. Ndlr) , il va se passer quoi ? » lui demande Léa Salamé. « D’abord, la lutte contre le terrorisme » , répond le Premier ministre, avant d’ajouter : « Ensuite, la priorité des priorités, la lutte pour l’emploi. » Curieuse entame : la « priorité des priorités » ne vient qu’« ensuite ». Tout un programme ! Et ce sera tout pour l’emploi et le social.

De cette réponse, la journaliste tire la conclusion qui s’impose : « Rien ne changera, comme après les européennes, comme après les municipales ? » Réponse : « Nous avons la menace terroriste, nous avons un ennemi Daech…» A croire que cette menace ne sert qu’à éluder la question du bilan de la politique économique du gouvernement. Quant au message du vote FN, il inspire à Manuel Valls cette réflexion : « Dans le vote pour l’extrême droite, il y a aussi cette demande : c’est quoi être Français ? » Voilà donc le Premier ministre parti sur la question identitaire. On l’interroge encore sur les 700 000 chômeurs de plus en trois ans, et les 40 000 chômeurs supplémentaires au cours du mois dernier, et il répond : « La France est un grand pays, la 5e puissance économique mondiale » , et « moi, je suis fier d’être français » . On imagine l’effet que peut avoir sur les électeurs cette fuite spectaculaire. Le chômeur peut toujours se dire fièrement qu’il appartient à la 5e puissance économique mondiale…


Manuel Valls répond aux questions de Léa Salamé par franceinter

Un peu plus tard , répondant cette fois aux questions de Patrick Cohen sur l’état d’urgence, Manuel Valls tentera de justifier l’assignation à résidence de sept militants écologistes : «…C’est un moyen de mettre à l’écart des individus qui peuvent être dangereux pour la République. » Les militants qui luttent contre le réchauffement climatique et Daech même combat ? « Est-ce encore l’état de droit ? » , lui demande-t-on. La réponse de Manuel Valls : « Nous allons consolider l’état d’urgence dans notre constitution. » Pour faire court : si ce n’est pas encore l’état de droit, ça va le devenir… En quelques minutes laborieuses, le Premier ministre a brossé de lui-même un autoportrait inquiétant.


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