Un appel contre la déchéance de la nationalité et les «lois d’exception»

Ingrid Merckx  • 4 janvier 2016
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Un appel contre la déchéance de la nationalité et les «lois d’exception»
© Photo : CITIZENSIDE/TOM GIRONDEL / CITIZENSIDE.COM

«Pour nous, c’est définitivement non !»

Le texte est bref. Et très largement signé par un collectif d’associations dont la Ligue des droits de l’homme, le Gisti, RESF, l’Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), le Cedetim, la CGT Police de Paris, la Coordination nationale Pas sans nous, le DAL, la Cimade, Mamans toutes égales (MTE), le Syndicat des avocats de France, Romeurope, le revue Regards, ou les syndicats enseignants…

« *Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d’urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l’effroi légitime suscité par les attentats.

Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité, mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels.

Notre rejet est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester* .»

Le 25 novembre, une centaine d’organisations avaient signé l’appel «Nous ne céderons pas !». Et le 17 décembre, bon nombre d’entre elles avaient rendu public le texte «Sortir de l’état d’urgence».

Cette pétition est donc le troisième texte unitaire d’ampleur s’opposant à des lois d’exception et une modification de la Constitution dans l’urgence post attentats.

L’objectif est de faire cesser les abus dont sont victimes des personnes n’ayant rien à voir avec des risques d’attentats, comme des perquisitions hors cadre judiciaire, sur simple dénonciation par exemple, ou des assignations à résidence. Mais aussi de rétablir le droit de se rassembler, de manifester, d’éviter les amalgames et les pratiques discriminantes… Soit un certain nombre d’atteintes aux libertés qui ont pu être observées aux États-Unis du fait du Patriot Act post-11 septembre et en France depuis quelques semaines. Dérives auxquelles s’est rajouté le projet de déchéance de nationalité.

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