Syrie : Obama sommé d’être ferme

51 employés du Département d’État américain mettent en cause la politique non interventionniste de Barack Obama en Syrie.

Denis Sieffert  • 22 juin 2016
Partager :
Syrie : Obama sommé d’être ferme
© Photo : YURI GRIPAS / AFP.

À quelques mois de l’élection présidentielle aux États-Unis, la critique est sévère. Dans un télégramme diplomatique, 51 employés du Département d’État américain mettent en cause la politique non interventionniste de Barack Obama en Syrie. Inquiets, voire agacés, du manque de résultats sur le terrain, ils enjoignent au président américain de bombarder le régime syrien, seule manière selon eux de contraindre Bachar Al-Assad à entamer des négociations de paix.

Malgré le caractère inédit du reproche, il y a peu de chance que celui-ci modifie la politique étrangère du président américain. Élu sur son engagement à retirer les troupes américaines en Irak et en Afghanistan, Obama s’est toujours montré peu enclin à s’engager dans un nouveau conflit au Moyen-Orient.

Une réticence dont profitent Damas et Moscou, qui ­multiplient les bombardements sur les opposants au régime, malgré le cessez-le-feu. Washington a ainsi accusé la Russie d’avoir frappé, le week-end dernier, des rebelles modérés anti-État islamique soutenus par la coalition internationale menée par les États-Unis. Une accusation démentie par Moscou, qui affirme agir « dans le cadre des procédures convenues ». Mais qui participe au double jeu mené par Bachar Al-Assad. Le 10 juin dernier, le régime syrien a bombardé Deraya, alors que le premier convoi humanitaire, qu’il avait lui-même autorisé, entrait dans cette ville, assiégée depuis 2012 par les forces gouvernementales.

Monde
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Anwar Abu Eisheh : « Aujourd’hui, rester en Palestine, c’est résister »
Entretien 2 juin 2026 abonné·es

Anwar Abu Eisheh : « Aujourd’hui, rester en Palestine, c’est résister »

Celui qui fut ministre de la Culture de l’Autorité palestinienne est né en 1951 à Hébron. Engagé très jeune au sein du Fatah, il a été emprisonné puis contraint à l’exil en France. Il appelle les gouvernements occidentaux à faire pression sur Israël pour que ce pays respecte enfin le droit international.
Par Céline Martelet
Colombie : duel présidentiel entre gauche et extrême droite
Colombie 2 juin 2026

Colombie : duel présidentiel entre gauche et extrême droite

La Colombie s’apprête à vivre un second tour inédit entre gauche et extrême droite. Si Abelardo de la Espriella a déjoué les sondages en arrivant en tête du premier tour, Ivan Cepeda réalise, à gauche, un score historique qui laisse entrevoir une bataille électorale particulièrement serrée jusqu’au scrutin du 21 juin.
Par Sergio Coronado
Au Mozambique, TotalEnergies en fer de lance de l’extractivisme néocolonial
Écologie 29 mai 2026 abonné·es

Au Mozambique, TotalEnergies en fer de lance de l’extractivisme néocolonial

Après cinq années d’interruption, la firme française relance le chantier d’un mégaprojet gazier dans ce pays est-africain. Outre ses dévastations sociales et écologiques, ce dernier a mis sous tutelle un des États les plus pauvres du monde par une des multinationales les plus riches.
Par Martin Eteve
Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle
Reportage 27 mai 2026 abonné·es

Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle

Un samedi soir à Moscou, des jeunes se confient sur leur envie de quitter le pays et sa « fucking corruption », la peur d’être mobilisés au front, et le contournement des blocages d’internet. D’autres affichent leur fierté d’être russes.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi