Intoxication aux pesticides : deux anciens salariés d'une coopérative agricole indemnisés

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Pour la première fois, un tribunal a ordonné l’indemnisation de deux anciens salariés de la coopérative agricole Triskalia, intoxiqués aux pesticides sur leur lieu de travail. Au total, six anciens travailleurs ayant contracté de graves maladies, disent avoir été victimes d’une telle exposition et accusent le géant de l’agroalimentaire de les avoir laissé au contact de produits nocifs.

En septembre 2014, le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) avait déjà reconnu coupable le groupe agricole de « faute inexcusable ». Ce jeudi, il a finalement ordonné que Laurent Guillou et Stéphane Rouxel soient indemnisés de plus de 100 000 euros en raison du préjudice subi. D’après le communiqué de l’Union syndicale Solidaires, « c’est la première fois en France qu’un tribunal indemnise de ce montant des salariés victimes des pesticides ».

Peu de temps après les faits, survenus entre 2009 et 2010, Stéphane Rouxel et Laurent Guillou ont développé une hypersensibilité aux produits chimiques puis ont été licenciés. De son côté, le géant breton s'était contenté de nier toute responsabilité dans l’apparition de la maladie, refusant alors d'octroyer une compensation aux deux hommes. Les salariés avaient alors déposé plainte dans l’intention de faire reconnaître la pathologie comme un accident du travail.

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Une victoire pour les deux anciens qui « mènent depuis près de sept ans un combat sans relâche pour faire reconnaître leur maladie, exiger réparation et dénoncer le scandale sanitaire et environnemental que représente l’utilisation massive et irresponsable des pesticides dans l’industrie agroalimentaire », précise le communiqué_._

À leurs côtés, l’Union syndicale Solidaires et de nombreuses organisations ou associations de soutiens aux victimes de pesticides ont également participé à ce combat, loin d’être terminé d’après le communiqué :

Laurent Guillou et Stéphane Rouxel se sont portés partie civile auprès du tribunal de grande instance de Saint-Brieuc, dans le cadre de la plainte au pénal qu’ils ont déposée en 2010 après leur deuxième accident du travail et leur intoxication et attendent que le tribunal des prud’hommes de Lorient statue sur leurs licenciements.

Par ailleurs, les autres salariés attendent toujours réparations et une audience aux prud’hommes, estimant être victimes de « licenciement abusif ». Parmi eux, Raymond Pouliquen, atteint d’une leucémie, et Noël, son fils, atteint d’un lymphome. Tout deux sont d'anciens salariés de Triskalia sur le site installé à Glomel.

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Le 9 septembre, une conférence de presse destinée à alerter sur ce scandale sanitaire, social et environnemental présentait d'ailleurs le cas de ces deux hommes, eux aussi intoxiqués sur leur lieu de travail. D’après un compte rendu accessible via le site Générations Futures, ces personnes malades ne seraient malheureusement pas des cas isolés :

Sur 10 salariés principalement affectés au stockage des produits phytosanitaires, dont neuf présents en 1992 à Glomel : 5 sont décédés avant 70 ans (dont 4 d’une pathologie cancéreuse), 4 sont gravement malades d’une pathologie cancéreuse, et un est atteint d’une maladie chronique.


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