Luttes écologiques : Le combat des Pétetin

Militante écologiste, Muriel Pétetin annonce l’organisation d’un rassemblement solidaire envers les victimes de l’état d’urgence samedi 19 novembre devant la prison où est actuellement retenu son père, Éric Pétetin, célèbre défenseur de la cause environnementale.

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Vétéran des luttes zadistes âgé de 63 ans, Éric Pétetin purge actuellement deux peines de prison à Mont-de-Marsan, dans les Landes. Engagée à ses côtés dans la défense de l’environnement et contre les grands projets inutiles, Muriel Pétetin, sa fille, revient sur les circonstances de son incarcération, annonçant par la même la tenue d’un rassemblement samedi 19 novembre. À partir de 11h, une manifestation de soutien avec « les militants, lanceurs d’alertes et toutes les victimes de l’état d’urgence » se tiendra devant le centre pénitentiaire où est actuellement détenu le militant écologiste. Et « en présence de Noël Mamère », assure la jeune femme :

Ce que nous voulons dire, c’est que nous ne sommes pas des terroristes. Nous essayons simplement de dénoncer un système et de donner une autre définition à l’égalité et à la solidarité. Des mots que nous souhaitons voir ériger comme de véritables valeurs. Notre combat est là.

Un combat qui a valu à Éric Pétetin de nombreuses condamnations. La dernière, prononcée le 21 octobre : deux mois de prison ferme sans mandat de dépôt pour avoir aspergé d’eau Jean Dionis, maire d’Agen (Lot-et-Garonne), en signe de protestation contre le projet controversé de Technopôle Agen Garonne (TAG), visant à aménager une zone d'entreprises sur 140 hectares d'ici 2020 dans une commune voisine.

« Le 17 septembre 2015 à Agen, des zadistes sont intervenus dans la salle où se tenait une séance du conseil communautaire, raconte Muriel Pétetin. Lorsque Jean Dionis a annoncé la validation du projet en le déclarant d'utilité publique, mon père lui a lancé de l'eau au visage. »

Connu pour s’être vigoureusement opposé au tunnel du Somport entre la France et l’Espagne, l’homme n’a jamais nié son geste, le reconnaissant même auprès de l’AFP. Celui-ci expliquait alors vouloir dénoncer un « crime contre la nature et les générations futures », la zone étant « hautement fertile et irriguée ».

« Cependant, il faut savoir que le maire d’Agen avait retiré sa plainte, continue la jeune femme, expliquant que son père avait versé un euro symbolique à Jean Dionis. Pour le remercier, nous avions d'ailleurs appelé la Mairie. Mais c’est l’État qui a continué les poursuites. »

Incarcéré depuis le 20 septembre 2016 à Dax, dans les Landes, alors qu’il assistait à l’audience d’Emmanuel Klein, militant au Droit au logement (DAL), Éric Pétetin a finalement été écroué pour une autre condamnation, purgeant désormais deux peines distinctes.

La première remonte à juin 2014. L’homme avait alors été condamné à trois mois de prison avec sursis, avec l’obligation d’effectuer 105 heures de travail d’intérêt général (TIG) dans les 18 mois pour « avoir écrit à la craie "Notre-Dame-des-Landes sera votre Vietnam" sur une banque de Nantes », relate Muriel. « Mais mon père n’a jamais effectué ses heures de TIG parce qu’il n’a pas reçu de convocation, n’étant pas domicilié à une adresse fixe ». Mais ce n’est pas tout... Au moment de l’échéance fixée à « l’indien de la Vallée d’Aspe », comme il est désormais appelé dans les colonnes de la presse régionale, la fille du militant écologiste assure que son père « était interné dans un hôpital psychiatrique suite à une décision de justice », après que celui-ci a tenté d’allumer un feu de cagettes.

D’après la jeune femme, les psychiatres avaient alors justifié cette hospitalisation d’office, invoquant une « abolition du discernement ».

En ajoutant la condamnation des deux mois de prison ferme prononcée par le tribunal d’Agen, « et les 21 jours de remises de peine, complète Muriel, mon père pourrait être libéré avant Noël ». Mais d'après elle, rien n'est certain.

En effet, Éric Pétetin a également écopé de six mois de prison ferme en décembre 2015 après avoir été interpellé à Paris au volant d'une voiture sans permis de conduire, pour assister aux manifestations interdites anti-Cop 21. Ce week-end là dans la capitale, les rassemblements s'étaient achevés avec le placement en garde à vue de 317 personnes. Aujourd'hui, sa fille redoute que cette peine ressurgisse et « que la justice profite de son incarcération pour le retenir six mois de plus ».

À lire >> COP 21 : « Si on ne marche pas, ça ne marchera pas ! »


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